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Les robots polymorphes

par - source: Présence PC

Ce qu’il y a de bien avec la recherche, c’est que si l’on fait abstraction des temps gigantesques qui séparent généralement les tout premiers prototypes expérimentaux des produits commerciaux finaux (quand le projet doit aboutir, ce qui doit représenter une part infime), les chercheurs sont toujours là à nous avancer les possibilités délirantes et incroyables que leurs projets peuvent amener. Le genre de possibilités qui vous fait gamberger pendant de longues minutes, et sur lesquelles l’aridité de notre imagination devient le facteur limitant.

Joseph Michael fait partie de ces gens là. Imaginez-vous dans le dernier doom-like du moment, des lunettes 3D sur la tête. Devant-vous, un mur tout ce qu’il y a de plus banal vous barre la route. Qu’à cela ne tienne, vous prenez deux pas d’élan parvenez à vous hisser sur celui-ci en vous aidant d’une caisse.

Plus tard, a moitié essoufflé (il faut dire que courir avec un lance-roquette dans les bras n’est pas la chose la plus aisée…), vous arrivez à vous faufiler dans une canalisation d’air conditionné pour finalement parvenir à bondir sur l’alien fuyard et à l’étrangler vos propres mains.

Bon, là je sens votre regard interrogateur me demandant où est la révolution.
Simple, imaginez-vous à nouveau la scène en vous disant qu’à chaque action, ce n’est pas d’une vulgaire combinaison de touches tapées sur un clavier dont je parle, mais bel et bien de votre propre comportement, en supposant que quelque chose devant vous se transforme en temps réel, selon les données renvoyées par vos lunettes 3D, pour simuler tous les objets nécessaires à ces actions. Voilà, vous êtes exactement devant ce que Joseph Michael considère comme la première application commerciale grand public de ce pourquoi il passe toutes ses économies et son temps libre depuis les années 80 : les robots polymorphes, c'est-à-dire des robots qui changent de forme à volonté, prouesse rendue possible grâce à l’utilisation combinée de cubes de taille variable (du micron jusqu’au mètre), et dont les arêtes sont telles qu’ils peuvent coulisser de n’importe quelle manière entre eux, rendant possible la reproduction de n’importe quel objet.

Bien sûr, tout cela rappelle fortement les projets initiaux de la nanotechnologie dans laquelle des sommes hallucinantes sont dépensées chaque année. Pourtant, l’alternative proposée demanderait des coûts bien moindres, et serait disponible à des horizons bien plus proches, et ce n’est pas un hasard si Eric Drexler (l’homme qui dirige la plus grande partie des recherches sur la nanotechnologie) rejette ouvertement les technologies de notre inventeur indien.

Car, évidemment, réduire le potentiel de l’invention de Joseph Michael aux jeux serait extrêmement réducteur, tant les perspectives offertes sont hallucinantes. Dirigés par des microprocesseurs de très faible puissance, ils deviennent des objets à tout faire, se transformant instantanément d’un objet en un autre, sans aucun gaspillage ni perte de temps. Un incendie éclate ? Pas de problème, ce robot réduit sa taille pour se glisser sous la porte puis étouffer le feu. Ils pourraient automatiquement ériger des barrages, ou n’importe quel autre construction.

Même si l’auteur a breveté ses inventions, ingénieur à l’origine, le manque d’argent bloquant ses recherches l’a poussé à rejoindre la puissance financière Microsoft pour que ses prototypes puissent aboutir le plus rapidement possible. Le plus vite, on l’espère…

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