Maghreb: le succès des cybercafés
S’il est un secteur économique qui explose véritablement dans les pays du Maghreb, c’est bien celui des cybercafés. En France, l’engouement pour les cafés Internet s’est considérablement réduit depuis que les fournisseurs d’accès proposent des tarifs ultra concurrentiels qui permettent à tout un chacun de disposer d’un abonnement domestique. Par ailleurs, la multiplication des réseaux Wi-Fi donne l’occasion aux voyageurs et autres nomades numériques de se connecter directement depuis leur ordinateur portable depuis les gares, aéroports, cafés, et autres lieux de transit. De quoi plomber l’économie des cybercafés qui ont connus leur heure de gloire dans les années 90.
Entrepreneurs malins
Mais au Maroc par exemple, beaucoup de particuliers n’ont pas accès à l’Internet. Ce qui fait la fortune des entrepreneurs malins et courageux. Prenez Fatima Chiguer, 40 ans, célibataire épanouie. Elle possède à Casablanca un cybercafé depuis 6 ans. Et comme de nombreux cybercafés du Maroc, son commerce tourne à plein régime.
Une clientèle jeune
Dans un pays où les débouchés professionnels en informatique sont assez limités, le commerce des connexions pour les particuliers est un moyen d’utiliser ces compétences. Bien sûr, monter ce type de commerce et réussir n’est pas à la portée de n’importe qui. Fatima est licenciée d’économie, et a travaillé pendant 15 ans en tant que commercial dans une société informatique. De quoi lui donner aujourd’hui une bonne connaissance de la vente et de la technique informatique. En 2000, en commerçante avisée, elle ouvre son cybercafé en face d’un lycée de Casablanca, persuadée que les écoliers seront ses premiers clients assidus. Pour eux, un tarif spécial de 5dh (45 centimes d’euros) de l’heure est instauré, ce qui provoque un afflux considérable dans le cybercafé à la sortie des cours.
Chat avant tout
Et de fait, les 15 ordinateurs reliés à l’Internet sont occupés sans discontinuer. Seules les trois Playstation du cybercafé concurrencent l’attrait pour le réseau. Casques micro et webcams sont les deux accessoires indispensables à la réussite du cybercafé. Car plus que des informations sur le monde et des recherches pour les études, les clients veulent avant tout communiquer par l’intermédiaire des différents logiciels de chat (Yahoo Messenger, Microsoft MSN) ou de la téléphonie sur IP. "On est tranquille dans ce cyber, et on y passe un bon moment" résume Eyoub, un client lycéen.
Formations et documentation
Mais en plus des possibilités de se connecter à l’Internet, le cybercafé est également un moyen de former les particuliers à l’informatique. Ayant bien compris ce besoin pressant, de nombreux cybercafés proposent des formations à la bureautique ou à la navigation sur le net à leurs clients. Un bon moyen de fournir une prestation payante, et de fidéliser la clientèle. Et comme les affaires marchent très bien, Fatima vient d’élargir la palette de services du cybercafé, en proposant un atelier de réparation de matériel informatique, un magasin de vente et d’installation d’ordinateur, et une librairie spécialisée en informatique. Preuve de son succès et de la reconnaissance sociale de ce type d’activité, Fatima Chiguer est aujourd’hui la présidente de l'Association des commerçants de son quartier.
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Il faut relativiser la conclusion. Je suis né au Maroc et ais grandi jusqu'à mon bac là-bas. Le Maroc a connu l'arrivée d'Internet en même temps que la France pratiquement, sauf que le 56 kbits/s se révélait être du 3ko/s pendant longtemps
. Toutefois, l'arrivée de l'ADSL il y a plus de 3 ans (avec des forfaits à l'équivalent de 30€ pour du 512kbit/s) change bien la donne. Je veux dire par là qu'on ne peut considérer le cas du Maroc comme un exemple type des "Pays du Sud".
Question idiote : un cyber-café comme celui de Mme Chiguer, il paye ses licences ? ou il est 100% open source peut-être ?
Ca tombe bien, chez nous aussi
(56kbps = 5ko/s atteignables)
Pour avoir une idée d'un cyber café du Maghreb, voir le film BalElWeb
Même si ça se passe à Alger, ça ne doit pas etre très différent au Maroc