Google a envoyé une lettre à l’IEEE pour éclaircir sa position sur ses brevets FRAND obtenus lors du rachat de Motorola Mobility et sa position agressive en a laissé plus d’un perplexe. John Gruber qualifie la firme « d’hypocrite » tandis que Florian Mueller explique être « particulièrement déçu » avec l’attitude de la société. Nous sommes de notre côté surpris que l’enquête de l’Union Europeéne (cf. « L’Europe ouvre une enquête sur Samsung ») sur les pratiques de Samsung n’ait pas eu plus d’impact sur le moteur de recherche.
FRAND un bien à protéger de l’avarice et la malice
FRAND est un acronyme pour Fair, reasonable, and non-discriminatory qui veut dire « juste, raisonnable et non-discriminatoire » en français. Il qualifie les brevets qui sont essentiels pour l’utilisation d’un standard. Les entreprises détentrices de ce genre de technologie ont le devoir de demander des licences à un tarif raisonnable et ne pas entamer des procédures en référé pour bannir un produit du marché. Les différends doivent être résolus à l’amiable si possible ou devant les tribunaux sans chercher des injonctions temporaires. Le but est de favoriser la concurrence et ne pas donner un avantage indu et excessif aux détenteurs de ces brevets.
Pour mémoire, Samsung, détenteur de brevets FRAND, demandait à Apple de payer 2,4 % du prix d’un iPhone ou un iPad pour pouvoir utiliser les standards 3G. Cupertino a refusé, Samsung a demandé une injonction et la Commission européenne a maintenant ouvert une enquête.
Prix excessif et pratiques anticoncurrentielles
Motorola Mobility avait déjà commencé ce genre d’action avant son acquisition par Google (cf. « Google rachète Motorola Mobility pour 12,5 milliards $ »). Il demandait 2,25 % du prix de vente du terminal utilisant les technologies UMTS et a entamé des procédures judiciaires contre Apple et Microsoft. Dans sa lettre, Google affirme qu’il va continuer dans cette voie. Il demandera exactement la même chose que Motorola Mobility et procédera aux mêmes tactiques.
Tout d’abord, de nombreuses voix se sont levées pour contester le prix de la licence des brevets. 2,25 % du prix de vente, TVA incluse, d’un produit semble excessif. Si une BMW utilise un module UMTS, Motorola Mobility demande 2,25 % du prix de la voiture et non des composants nécessaires à l’utilisation de cette technologie, comme le souligne M. Mueller.
Généralement, les entreprises désirant vendre une licence donnent un prix fixe pour chaque produit utilisant leur technologie. Par exemple HTC paye 5 $ à Microsoft pour chaque HTC Android vendu, quel que soit son prix de vente. Si l’on prend le HTC Sensation 3G vendu à 450 $ aux États-Unis, cela représente 1 % du prix de vente avant les taxes. Le but est de fonder la rémunération sur les bénéfices apportés par la puce ou le code utilisant la technologie concernée et non le produit entier.
De son côté, John Gruber dénonce le fait qu’avant le rachat de Motorola Mobility, Google condamnait les sociétés qui attaquaient soi-disant Android avec leurs brevets (cf. « Guerre des brevets : Google et Microsoft offrent plus de détails »). Il sous-entend que la firme fait pire en imposant des conditions exorbitantes à l’accès à des standards.
Nous ne serions pas surpris si la Commission européenne enquête aussi sur ces pratiques. En effet, nous doutons que les 0,15 % qui séparent Samsung de Google soient suffisants pour qu’elle estime que les pratiques commerciales du moteur de recherche ne heurtent pas la concurrence. Google devrait aussi faire l’objet d’une plainte pour ses pratiques sur Internet (cf. « Bientôt une plainte de l’Europe contre Google ? »).
Affirmation gratuite , sans fondement comme d'habitude et purement provocatrice.
Alors, cite un nom! Soit un employé d'Apple ayant fait partie d'un board d'une grande compagnie telle que Microsoft, IBM ou Google. Soit un ingénieur de très haut niveau susceptible d'emporter avec lui des secrets techniques. Vas y : Nous sommes tout ouïe. Le seul cas où on pourrait en parler ce fut l'époque où des ingénieurs de Xerox sont partis chez Apple pour développer interface graphique et souris...Mais c'était loin d'être un vol quelconque, Xerox ayant jeté l'éponge. D'ailleurs que ce soit Xerox ou les autres, on n'a pas vu l'ombre d'une plainte de la part des concurrents. Alors fourre tes provocations où je pense.
S. Jobs voulait tuer Androïd quitte à utiliser le "trésor de guerre" d'Apple... Pourquoi Google ne lui renverrait pas la pareille dans la tête ?
Quand à Microsoft, c'est la même chose avec l'exigence de 5$ par terminal vendu réclamé via des licences qu'on ne sait pas trop à quoi elles correspondent mais basé sur les mêmes que celles des menace de procès envers les distributeurs de solutions Linux.
Bref, Google se dote d'un arsenal violent et rend coup pour coup après s'en être pris plein la figure (mais toujours indirectement) de la part de ces deux là...
Bref, considérer Apple et Microsoft comme les victimes de Google et Motorolla, faut quand même être pleinement partial dans la mesure où ce n'est pas Google qui a lancé les hostilités.
Je serais 100% d'accord avec toi si tu n'oubliais pas un tout petit détail. La course a l'armement de Google à commencé lorsque les attaques d'Apple ont été trop virulentes. Au début de toutes ces affaires de gueguerre de brevet (qui existent depuis des années) il y a eu surtout les premières affaires de demande de licences par Microsoft et Apple sur les fabricants de l'écosystème Android (HTC, Samsung, etc ...).
Au début Google (qui n'avait pas de brevets là dessus, et qui n'a jamais été très attiré par en déposer) laissait les constructeurs se défendre indépendamment avec leur porte feuille de brevet personnel. Voyant que la situation tournait mal, ils ont acheté Motorola non pas pour ses capacités de production, mais pour son catalogue de brevet immense capable de préparer des ripostes aux attaques d'Apple.
Loin des considérations de fanboy, on a ici 2 géants qui se tapent dessus à armes égales. On a juste a regarder les coups partir, mais surtout pas à commencer à dire "c'est dégueulasse que machin fasse ceci à truc" car de toutes façon en ce moment les coups fusent de façon équitables dans les 2 sens.
Lorsque la justice se sera prononcé et qu'ils vont se retrouver chacun a devoir verser 300$ par téléphone au concurrent. Ils vont surement se mettre autour de la table et dire. "Bon et si on lâchait l'affaire ?"