Le premier BIOS sous linux se dévoile
Quand on parle logiciel, on s’attarde rarement sur le BIOS, pourtant clé de voûte du démarrage de la machine. Ce programme basique permet la prise en charge primaire du matériel et passe par la suite la main aux programmes plus évolués pour amener au chargement de l’OS. Les BIOS sont nombreux, incompatibles techniquement et légalement entre eux, et n’offrent souvent pas les même fonctionnalités. Pire, comme ils sont complètement fermés, il est difficile de communiquer avec eux, alors qu’ils gèrent des fonctions essentielles. Le monde du libre a bien entendu lui aussi fait ce constat et livré sa solution : LinuxBIOS.
Liberté
Le noyau linux peut réellement fonctionner sur n’importe quelle machine, alors pourquoi pas un BIOS ? Adapté à cette puce, sa licence lui confère de nombreux avantages. D’une part tout le système logiciel devient libre, permettant une plus grande marge de manoeuvre pour les constructeurs, programmeurs et assembleurs. Ensuite il est adaptable à tous les besoins, on peut le modifier à loisir tant que le code reste ouvert, et donc partir de cette version générique et la faire fonctionner sur du matériel personnalisé. En effet la seule carte mère d’ordinateur de bureau testée est la Gigabyte M57SLI-S4, et bien qu’elle soit répandue, il reste du chemin à parcourir.
Egalité
Une des meilleurs nouvelles pour les partisans de l’Open Source est sans doute l’équité que permet ce nouveau BIOS. D’une part il affranchit les machines des DRM ou tatouages qui sont parfois intégrés à ce niveau, rendant le changement de composants et d’OS hasardeux. Ensuite il est parfaitement accessible depuis l’extérieur et s’interface très bien avec Linux, permettant ainsi d’avoir accès plus facilement à des infos comme la vitesse de rotation des ventilateurs, la tension du processeur et de la mémoire vive, ou la température. Tous les consommateurs pourront donc profiter de leur machine de la même façon.
Fonctionalité
Entre autres caractéristiques, LinuxBios propose un démarrage rapide et en mode 32 bits sécurisé. Écrit en C et non en assembleur, il est donc facile à maintenir et faire évoluer. Des évolutions qui ne devraient pas tarder d’ailleurs puisque tout l’intérêt d’avoir une souche, c’est de pouvoir lui ajouter des greffons tels le démarrage réseau, une console, la mise à jour à distance, le boot programmé à une heure donnée… Toutes ces possibilités qui dépendaient avant du bon vouloir du constructeur.
Pour une fois la nouvelle n’est pas entachée par la plainte d’un fabricant puisque Gigabyte a indiqué qu’il ne s’opposerait pas à de tels travaux, intéressé par les retombées potentielles. C’est donc vraiment un mouvement communautaire positif qui va permettre cette avancée, initiée par l’ingénieur Yinghai Lu de chez AMD, qui a publié son code source sous licence GPL. Il n’y a plus qu’à attendre que la première version disponible au public montre le bout de son code.
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