L'Apple II, le second ordinateur personnel d'Apple, a 35 ans. Le successeur de l'artisanal Apple I a été un succès, même si ses caractéristiques peuvent faire sourire en 2012. Basé sur le peu onéreux 6502 de MOS Technology (Steve Wozniak voulait utiliser un processeur Motorola, mais il était trop cher), l'Apple II était équipé de 4 ko de mémoire vive (48 ko en haut de gamme, 64 ko au maximum) et d'une sortie vidéo composite. Si le lecteur de cassettes audio était le seul moyen de stocker des données au lancement de l'appareil, le lecteur de disquettes (5,25 pouces puis 3,5 pouces) s'imposa au fil du temps.
L'Apple II a évolué plusieurs fois, avec l'Apple ][+, l'Apple //e, etc. Le dernier modèle de la gamme (Apple //c+) est sorti en 1988 avait un processeur à 4 MHz (1 MHz sur le premier), un lecteur de disquettes 3,5 pouces interne (800 ko par disquette), une ROM de 32 ko (8 ko en 1977) et 128 ko de RAM (1 Mo au maximum).
Rappelons que l'Apple II a longtemps été une des seules sources de revenus d'Apple, surtout pendant le développement du premier Macintosh. L'Apple III, sorti fin des années '70, a par contre été un échec.

Ça a donné les cartes Chat Mauve pour Apple et Hercules pour PC.
Impossible de se contenter des cartes d'origine quand on avait goûté aux dispendieuses solutions tierces.
Quant aux premières disquettes pour Apple, la pince à tiercé a permis à beaucoup de transformer les simple face en double face. Heureusement parce que 143 ko au prix qu'elles coûtaient rendaient les simple face hors de prix.
Et, sauf erreur, c'est sur Apple qu'est sorti Visicalc, le logiciel chouchou des gestionnaires, précurseur de Multiplan, Lotus 123 puis Excel...
Comme souvent, ce n'est pas l'inventeur qui profite du succès de son invention. Mitch Kapor, créateur de Visicalc (il me semble que c'était sur CP/M plutôt, donc compatible avec l'Appeul 2 équipé de la carte d'émulation) qui ne touche pas une cahouète sur chaque Excel vendu ; Xerox qui ne touche pas une cahouète sur chaque Windows ou MacOS vendu, Truong qui ne touchait pas une cahouète sur chaque micro ordinateur vendu, etc, etc...
J'ai cherché et rappelé mes souvenirs : Visicalc est sorti sur Apple II et tournait, dans mon service, sur un modèle standard sans CP/M.
C'est Multiplan qui est sorti sous CP/M et a été porté sur DOS et Apple.
Et c'est Dan Bricklin qui a créé Visicalc, avec Bob Franston, selon Wikipedia.
http://www.bricklin.com/ pour plus d'infos
Un peu plus tard, une carte d'extension mémoire de 12Ko pour 1.600FF, la carte Chat Mauve et un moniteur couleur (me souvient plus du prix mais ça coûtait un bras), une imprimante Dot Matrix Printer, une pseudo carte "80 colonnes" qui servait presque à rien... Que de souvenirs et de centaines d'heures passées dessus !
Il tourne toujours aujourd'hui, 30 ans plus tard, et s'allume avec son "bip" caractéristique, suivi par le bruit de raclement du lecteur de disquette (PR#6 pour ceux qui s'en souviennent !).
Et sinon, oui, Visicalc, l'ancêtre d'Excel, est bien sortit pour la première fois sur Apple 2, incitant de très nombreuses entreprises à en faire l'acquisition.
Au temps pour moi, Mitch Kapor c'était Lotus 1-2-3. Ça ne change pas le fond de mon discours, les créateurs de Visicalc n'ont pas acheté de résidence secondaire sur Mars avec les royalties de la création du tableur. Visicalc tournait même sur C64 (portage facile depuis l'Apple 2, les machines partageant certaines caractéristiques communes).
Pour la petite histoire, le total des composants électroniques du II+, c'est à dire des circuits logiques TTL, un 6502 de Rockwell, de la Ram, une ROM, un quartz, et quelques composants annexes, coûtaient au détail dans le commerce moins de 2000 Fr.
Rajoutez un boitier, un circuit imprimé de carte mère, un clavier, c'est à dire environs 500Fr, et vous pourrez apprécier le bénéfice que se faisait Apple avec cette machine: 5 fois le prix des pièces au détail, même si les revendeurs en captaient une partie.
D'où les batailles féroces d'Apple contre toutes les "contrefaçons", et son refus de vendre la machine à IBM.
Ce dernier ne voulant pas rester en dehors du marché du micro-ordinateur, tout en n'y croyant que modérément (très même), a donc créé une machine basée sur le même principe, une carte mère acceptant des cartes filles, c'est à dire le PC, et l'a abandonné sur le marché.
Bien que moins bien conçue que le II (dont l'Applesoft avait déjà été écrit par Microsoft), cette machine a été rapidement clonée dans le monde entier, car elle répondait à un besoin et coûtait bien moins cher que son modèle.
Résultat: l'Apple II a disparu au profit du PC, sa maison mère a failli disparaitre... A vouloir être trop gourmand...
Pour la gueguerre actuelle entre Apple et ses concurrents à coup de brevets, il faut aussi savoir que ceux_ci ne sont valables que 20 ans à compter de leur date de dépôt, et que toute commercialisation avant celui-ci équivaut à une divulgation publique, donc à le faire rentrer dans le domaine publique, donc plus brevetable.
Pas de brevet sur Visicalc, donc logiciels de même type possible sans royalties. Idem pour la souris, etc.
Conséquence: dès qu'une entreprise a un semblant d'idée, toc, brevet, comme les coins arrondis des iPhones...
La morale de cette histoire, c'est que si Apple avait à l'époque lâché un peu de lest sur les clones (licences, royalties) tout en continuant d'innover (grâce aux bénéfices substantiels de l'Apple II) au lieu de se cramponner à son quasi monopole d'alors, nous serions tous sur un Apple X mâtiné de Mac (ou l'inverse) et non 80% sur PC.