Le 18 octobre 2012 restera dans les annales comme un jour catastrophique pour Google. Son action a perdu 13 % de sa valeur en quelques minutes, ce qui a forcé la suspension immédiate de son échange sur Wall Street. Elle a été remise sur le marché deux heures plus tard, à seulement 40 minutes de la clôture. L’action est légèrement remontée pour terminer à 695 $, ce qui représente une baisse de 8 % par rapport à l’ouverture. Cela signifie qu’en une journée, l’action a perdu 60,62 $, soit une perte de près de 20 milliards de dollars au total. La cause de ce cauchemar est la publication de résultats financiers bien en dessous des attentes et qui contiennent des nouvelles inquiétantes pour la stratégie mobile de l’éditeur.
Google devient plus gros, mais moins rentable
Tout a commencé lorsque la firme en charge d’imprimer les résultats financiers de Google, RR Donnelly, a prématurément soumis les documents aux autorités américaines, les rendant ainsi publics. Wall Street a immédiatement sanctionné la firme en provoquant cette baisse spectaculaire. Néanmoins, le plus grave selon nous est le fait que les résultats publiés prématurément ont été confirmés par une annonce officielle de Google.
Le moteur de recherche a accumulé un chiffre d’affaires de 14,1 milliards de dollars (10 milliards d’euros) durant le troisième trimestre 2012 et son bénéfice est de 2,18 milliards de dollars (1.7 milliard d’euros). Le chiffre d’affaires a grimpé de 45 %, par rapport à la même période l’année dernière, mais les bénéfices ont chuté de presque 22 %. Concrètement, la compagnie Google a beaucoup grossi, mais elle rapporte beaucoup moins et c’est cette mauvaise nouvelle qui a entraîné cette chute incroyable hier. En effet, si on regarde dans le détail, on remarque que Google fait plus, mais que son modèle économique est en perte de vitesse.
Motorola Mobility perd de l’argent et les publicités rapportent moins
Google n’est plus seulement une régie publicitaire avec un moteur de recherche comme plateforme, mais ses nouvelles activités tirent ses résultats vers le bas. Motorola Mobility, qui lui a coûté 12,5 milliards de dollars (9 milliards d’euros à l’époque), a fait un chiffre d’affaires de 2,58 milliards de dollars (2 milliards d’euros) et seulement 1,78 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) de cette somme provient de la vente de produits et technologies mobiles. Au lieu de faire des bénéfices, Motorola Mobility représente une perte de 527 millions de dollars (403 millions d’euros) ce trimestre.
L’autre problème de Google est ce qui ne figure pas dans ses résultats financiers. On ne sait toujours pas combien il dépense sur Android et si le système d’exploitation est rentable. Le mot « Android » n’apparaît pas une seule fois dans le communiqué présentant les résultats financiers et durant la conférence de presse, Larry Page s’est limité aux platitudes habituelles en ne parlant que vaguement du nombre de terminaux dans la nature, selon la transcription de Seeking Alpha.
Il ne reste donc que les publicités et c’est probablement l’aspect le plus inquiétant. En effet, les revenus en provenance des cliques sur les publicités ont chuté de 15 % durant le trimestre dernier et 3 % durant le deuxième trimestre.
Google reste une compagnie solide, mais pour la première fois, son futur est un peu moins certain
Pour mémoire, le modèle économique de Google repose aujourd’hui sur la vente de publicité qui représente plus de 95 % de ses revenus (cf. « Les entreprises high-tech qui cartonnent »). Or, la firme gagne maintenant moins d’argent, principalement en raison du succès de Facebook où Google est complètement absent et du monde mobile où Android doit être une faible source de revenu et où iOS continue de s’éloigner de lui. Cette situation est aggravée par l’acquisition de Motorola Mobility qui est, pour l’instant et sur le plan purement financier, un mauvais investissement.
Google affirme que ses activités mobiles devraient réaliser un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars (6 milliards d’euros) cette année, contre 2,5 milliards l’an dernier (2 milliards d’euros). Il convient néanmoins de prendre ce chiffre avec de grosses pincettes. L’an dernier, Google ne comptabilisait pas les revenus en provenance de Google Play et la vente d’applications, contrairement à aujourd’hui. Les 8 milliards n’incluent donc plus seulement la vente de publicité, comme auparavant, et Google refuse de faire le décompte.
Il convient de remettre ces chiffres dans leur contexte. La bourse est trop volatile pour être une valeur sûre. Google continue de faire des bénéfices et dispose d’une réserve de cash de 45,7 milliards de dollars (35 milliards d’euros). Néanmoins, la réaction de Wall Street ne tire pas son origine dans un manque des fondamentaux de la firme qui restent solides, mais dans la réalisation que le modèle économique pourrait être fragilisé par les nouvelles tendances qui envahissent Internet et que sa stratégie mobile qui n’a pas encore montré des signes de rentabilité. Au contraire, Motorola Mobility reste le gros point noir de ces résultats et l’absence de transparence autour d'Android alimente les craintes.
heu un ti problème de conversion là
Heuuu un ti' problème de conversion là
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Comme si tu n'avais pas compris
Pour le modèle économique de Google, rien d'étonnant en fait. Les marges de progression se réduisent d'autant plus qu'on est proche de l'hégémonie. Par exemple: comment Google peut espérer voir le nombre d'utilisateurs augmenter? A ce jour, cela devient vraiment délicat de l'espérer, non? Pour la partie mobile, c'est encore plus tordu: le coût de développement d'un OS mobile est tel que le retour engendré n'est pas forcément si intéressant que cela. Pire encore: mettre en oeuvre des services "gratuits" comme un store représente beaucoup de boulot pour des bénéfices assez restreints. La problématique est identique à celle de facebook: que faire une fois que les limites de croissance sont atteintes?
Quelqu'un peut il éclairer ma lanterne ?
Pour ce qui est des actions, oui c'est la valeur de GOogle qui perd 20 Milliards, cela dit, ce sont les actionnaires qui ont perdu de l'argent (virtuellement bien sûr car on ne sait pas quand ça remontera ni si ça atteindra à nouveau le niveau de départ).
Ce crash des actions Google montre bien à quel point la société moderne fondée sur le principe de l'économie capitaliste a des limites extrêmement fragiles. Ces limites sont plus qu'atteintes et le capitalisme tel qu'il est devenu va à l'encontre de l'humain (Il suffit de lire les articles liées à l'exploitation des enfants pour s'en rendre compte).
Au final, l'idée même de faire de l'argent est caduque puisque ceci repose sur le fait de la consommation qui n'a plus qu'un moyen pour se maintenir dans nos pays qui se désindustrialisent progressivement mais plutôt vite à mon goût, c'est de s'autofinancer artificiellement (voir la dette de la Belgique financée par les marchés financiers: http://www.rtbf.be/info/economie/detail_la-belgique-leve-plus-de-3-milliards-d-euros-a-des-taux-plancher?id=7857525). En France on espère ne pas en arriver là mais les industries disparaissent à grande vitesse et les emplois aussi ce qui, à terme, provoquera ce genre de tactique. C'est toutefois une solution à plus ou moins court terme puisque d'une manière ou d'une autre, ils devront recommencer dans la mesure où il n'y a plus de grosse productions industrielles.
NOtre système économique doit être intégralement repensé et modifié en profondeur pour éviter qu'une seule entreprise ne totalise des dizaines de milliards qui sont nettement plus que le PIB de certains pays sans qu'il y ait justement des réinvestissements dans les pays consommateurs, c'est la seule solution pour que le principe économique fonctionne (sauf qu'on n'a qu'une seule planète donc question ressources...). ON découvre les dépotoirs géants d'Afrique, pourquoi ne pas investir dans des usines de retraitement de ces déchets, le verre des dalles et autres cathodiques se recycle, non ? Les métaux se recyclent à 99% me semble-t'il. Les plastiques sont également recyclables... Bref, pourquoi tout ce qu'on nous demande de faire à la maison n'est pas fait par les grosses entreprises de production ? Pourquoi personne ne les oblige à tenir leurs promesses ?
Que la production soit intellectuelle ou industrielle, le prblème est le même, à savoir que les spéculateurs se foutent de savoir quelle est la société et ce qu'elle fait, et ce qui les intéressent uniquement, c'est la marge opérationnelle que la banque peut dégager.
De fait, je ne distingue pas une usine comme Renault d'une société comme Google, les deux faisant bosser du monde, des sous traitants, et le fait que google n'ait rien de tangible (objet) n'en fait pas pour autant une société déconnante. En revanche, quand tu parles des sociétés vivant du patent troll, là je suis déjà plus d'accord avec ton raisonnement.
A partir de combien de chômeurs et de scrutins violés par les dirigeants estimeras-tu que le système se casse la gueule ?
Le problème, c'est que nous sommes dedans.