Le droit du jeu vidéo ne sera pas le droit du logiciel
Découvrez aujourd'hui l'avis de Maître Olivier Iteanu sur un récent arrêt de la Cour de Cassation modifiant la qualification des jeux vidéo.
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Est ce que ça voudrait dire un peu moins de bénéfices pour les distributeurs et un peu plus de bénéfices pour les programmeurs, designers et autres personnes faisant "acte de création"?
Ça me fait penser au cas du créateur de Tetris(1985), Alexey Pajitnov, qui n’a pas touché de royalties avant 1996.
Alors, cet arrêt, il est bon pour qui, mauvais pour qui?
Serait ce possible d'avoir plus de détails sur la répartition des revenus avant et après cet arrêt? (Envoyez les camemberts!)
C'est un débat très complexe mais qui met en avant deux problèmes de l'informatique et de la création dans le jeu vidéo.
1) Le mercenariat
Nombre de gens proches de l'informatique et de la création de jeu vidéo sont des profils freelance, donc des mercenaires se vendant aux plus offrants. De plus, cette notion de mercenariat est encore plus flagrante avec la sous traitance de nombre de domaines. Aujourd'hui, un jeu vidéo ce n'est plus une équipe de dix personnes, mais plutôt plusieurs centaines de personnes plus ou moins essentielle, depuis le design, en passant par la programmation, le son et le voice character. On a là une création qui ressemble plus ou moins à du cinéma interactif plus qu'à du logiciel.
Bien évidemment, ce jugement a un but tacite: inciter les multinationales qui sont les maîtres du domaine à payer leurs artistes au juste prix, au lieu de tirer les marrons du feu sans les payer correctement; Seulement, cela représente aussi une erreur potentielle, au titre que tout le processus de développement peut alors être qualifié de créatif... donc difficile à dire si les grosses entreprises vont ou non pâtir de cette façon de faire. De toute façon, les juristes qu'ils se paient pour la gestion des droits seront en première ligne pour la signature des contrats d'embauche.
2) "L'art" et le développement
Qu'est-ce l'art? Inventer? Donc tout développeur est, potentiellement un créatif. Là où je crois que le jeu vidéo est très représentatif du doute sur la création, c'est que nombre d'outils sont mis à disposition pour faciliter la vie: SDK, packs de sons et textures, environnements complets de développement (consoles notamment), ce qui peut mener à un doute légitime: sont-ils réellement créatifs, ou recyclent-ils simplement des choses existantes?
très instructif, thx magellan et la rédac bien sûr