Penser petaflop : du Cell au GPU en passant par le x86
La semaine dernière, nous étions à la conférence « Penser petaflop » organisée à l’Institu Pasteur. Elle était destinée à montrer l’état des infrastructures de calcul en France et en Europe et à montrer ce que les programmes GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif) et PRACE (Partnership for Advanced Computing in Europe) pourront faire pour aider les chercheurs qui ont besoin de faire des calculs intensifs.
Supercalculateurs : CPU mais aussi GPU
Quand on pense supercalculateurs, on pense Cray ou IBM BlueGene, par exemple. Mais en fait, pas besoin d’aller si loin, une machine équipée de (beaucoup) de processeurs x86 (Opteron ou Xeon) est aussi un supercalculateur. Et le programme PRACE, encore en phase de test, étudie sérieusement l’idée d’utiliser des systèmes à base de Cell (une technologie utilisée dans les consoles de jeux ou les télévisions) et même de GPU (un supercalculateur à base de cartes Tesla - nVidia - est à l’étude en France). Il faut bien se rendre compte, et les intervenants nous l’ont bien expliqué, que les technologies présentes dans les supercalculateurs se retrouveront dans les serveurs (placé en clusters) d’ici 5 ans et que nos machines devraient offrir la même puissance de calcul dans une dizaine d’années.
Pour quoi faire ?
Un supercalculateur, ça sert à quoi ? À la recherche, évidemment, mais aussi à des applications plus concrètes, comme la prédiction météorologique. En pratique, alors qu’on travaille en météo sur des unités de 10 km de côté actuellement, des supercalculateurs de l’ordre de la centaine de téraflops (ou qui atteindraient le petaflop dans quelques années) devraient permettre de travailler avec une précision de 2,5 km voire 1 km. La puissance de calcul nécessaire est bien plus élevée, mais la précision aussi. Un autre domaine important, c’est la biologie. Actuellement, on peut simuler l’effet de certains processus internes à une cellule, mais à terme les chercheurs aimeraient simuler entièrement un organisme vivant. On nous a expliqué que d’ici 2050, une bactérie simple pourrait être entièrement simulée de façon informatique. À quand un humain ? Plus tard, beaucoup plus tard : une bactérie comme Mycobacterium tuberculosis a un génome de 4,4 Mo (une fois stocké) et un humain nécessite 2,9 Go pour stocker son génome, on comprend rapidement la différence de complexité. Notons que le plus petit génome connu se stocke sur une disquette : il fait seulement 0,6 Mo (Mycoplasma genitalium).
Une question de programmation
Un des problèmes des supercalculateurs vient de la programmation. Un des exemples cités est intéressant : un programme de simulation très utilisé pour les turbines et autres moteurs voyait ses performances diminuer quand on utilisait beaucoup de processeurs. Jusqu’à environ 10 000 CPU, le scaling (augmentation des performances en fonction du nombre de CPU) était intéressant puis se tassait progressivement. Après quelques recherches, les chercheurs se sont rendu compte que la gestion maître/esclave pour la synchronisation de certaines données posait problème : si un seul CPU devait envoyer les messages aux autres CPU, à partir d’un certain moment il saturait et ralentissait la machine dans son ensemble. En répartissant les envois avec une structure en arbre, les performances ont augmenté. Globalement, cette optimisation simple a permis de passer d’une augmentation de 12 000 (avec 16 000 CPU) à une augmentation de 15 000, ce qui n’est pas négligeable.
Au final, même si le domaine des supercalculateurs est encore émergent en Europe (et en France), les initiatives GENCI et PRACE devraient permettre de rattraper le retard que nous avons sur les États-Unis.
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voila le genre de news que j apprecie ...merci
ça c'est de la news de qualité
merci.
trop de la balle !
heuuu ...
j'aime bien
Et quid des systèmes de calcul distribué à grande échelle, style folding@home ?
Précisions biologiques :
Le plus petit génome -- bactérien -- connu. Un génome viral est nettement plus réduit (3kilobases pour l'hépatite contre 1mégabase pour Mycoplasma genitalium.
Je suis ravi de voir le nom scientifique d'une bactérie en italique, mais si on veut réellement respecter la nomenclature, il aurait fallu mettre le M de Mycoplasme genitalium en majuscule ; ça peut paraître extrêmement tatillon, mais c'est tout aussi important que l'italique.
Ceci dit, c'est une excellente news, même si je regrette que le projet Folding@home n'y soit pas mentionné...
Mon commentaire est effacable.
Merci pour les remarques. C'est corrigé pour les bactéries. Pour le génome, c'est ce qu'on nous a dit à la conférence, en fait.
Une news effectivement de très bonne qualité...Merci Dandu
[/blague] 
[blague] Sinon, tu rends bien à César ce qui lui appartient: "prédiction météorologique"
Apparement si tout le monde trouves cette news de qualité, c'est qu'elle n'a aps de faues !!!!!!! OK, je sors
Très intéressant, contenu riche, commentaires excellents, que demander de plus ?
Torulopsis, peut-être que les auteurs de cette conférence considèrent le virus comme n'étant pas réellement un être vivant ? En effet, contrairement à la bactérie, un virus ne peut vivre seul, mais uniquement en parasitant et détournant à son profit les mécanismes internes d'une cellule vivante. La bactérie, elle, peut vivre seule dans son coin et répliquer son code toute seule comme une grande.
Mince, l'ordinateur que j'achèterai dans dix ans sera globalement aussi performant que le blu gene actuel o_O ? Ca laisse rêveur...
Torulopsis, peut-être que les auteurs de cette conférence considèrent le virus comme n'étant pas réellement un être vivant ? En effet, contrairement à la bactérie, un virus ne peut vivre seul, mais uniquement en parasitant et détournant à son profit les mécanismes internes d'une cellule vivante. La bactérie, elle, peut vivre seule dans son coin et répliquer son code toute seule comme une grande.
En plus une bactérie n'est pas forcément nocive, alors qu'un virus l'est obligatoirement
Tout à fait faux mon ami (shooby).
Un virus n'est pas forcément nocif. En effet, la thérapiegénie, notamment utilise les rétrovirus pour "réparer" des gènes déficient d'un patient.
C'était la seconde biologie, merci bien...
;-)