L'ABC (Atanasoff-Berry Computer)
Bien qu’il ait fallu plusieurs années pour qu’on lui reconnaisse cette qualité, l’ABC (Atanasoff-Berry Computer) a fait date comme étant le tout premier ordinateur électronique. On pourrait croire que les termes « ordinateur électronique » sont redondants mais comme on vient de le voir avec le Harvard Mark I, les ordinateurs sans composants électroniques ont bien existé et fonctionnaient grâce à des interrupteurs mécaniques, des rouages à palettes ajustables, des relais électriques et des manivelles. A l’opposé, l’ABC assurait ses calculs grâce à des composants électroniques et représente à ce titre une étape fondatrice dans l’histoire de l’informatique.
Bien que faisant appel à l’électronique, les composants qui équipaient l’ABC étaient très différents de ceux que l’on trouve de nos jours dans nos machines. En effet, les transistors et circuits intégrés sont nécessaires ne serait-ce que pour avoir les mêmes éléments de base. En 1939, alors que ceux-ci n’existaient pas, John Atanasoff reçut des fonds pour construire un prototype qui fut conçu avec les composants de l’époque : les tubes électroniques. Ces derniers pouvant amplifier des signaux et jouer un rôle d’interrupteur, il était donc possible de s’en servir pour créer des circuits logiques. Cependant, ils consommaient énormément d’énergie, dégageaient une chaleur considérable et n’étaient pas fiables pour couronner le tout. Voilà le genre de compromis que ces pionniers devaient être prêts à faire, et les inconvénients des ordinateurs qu’ils construisaient.
Les circuits logiques crées par John Atanasoff avec les tubes électroniques étaient rapides à l’époque, puisque capables de trente additions/soustractions à la seconde. Si l’on ne s’en étonnerait pas aujourd’hui, peu d’ordinateurs utilisaient alors un système binaire vu le peu de personnes familières avec ce système de numération. L’utilisation de condensateurs pour la mémoire était aussi une étape technologique : ils étaient alors alimentés en permanence pour préserver les informations stockées, une approche similaire au rafraichissement de la DRAM que nous connaissons maintenant. Toute fois, les accès mémoire n’étaient pas vraiment aléatoires puisque cette dernière était en fait contenue dans un tambour, lequel effectuait une rotation complète par seconde. Un emplacement mémoire donné ne pouvait donc être lu que lorsque la section concernée se trouvait sous le lecteur, entrainant ainsi de vrais problèmes de latence comme on peut l’imaginer. John Atanasoff ajouta ultérieurement un lecteur de cartes perforées (qui étaient couramment utilisées par les entreprises de l’époque pour enregistrer des comptes et effectuer des calculs) afin de stocker les données qui ne rentrait pas dans la « mémoire tambour ».
Rétrospectivement, cet ordinateur n’était pas vraiment utile, et encore moins programmable. Mais ce fut ne serait-ce que d'un point de vue conceptuel une étape fondatrice pour les ordinateurs et un père spirituel pour les modèles suivants. Alors que M. Atanasoff travaillait sur l’ABC, il invita un homme au nom de John W. Mauchly voir sa création, une rencontre riche en conséquences …

Ca passe franchement pour de la pub sur la fin ...
)
Néanmoins, je comprends enfin l'utilité de ces mainframes actuels : une excellente capacité à simuler beaucoup de serveurs classiques en même temps.
Cela ne cache pas une vérité simple : un z10 coute le prix de 500 serveurs classiques, sans en avoir la capacité.
(mais faut reconnaitre que ca prend moins de place, parce que ca coute cher la place
Y a-t-il moyen de récupérer l'article complet photos incluses pour des aspects pédagogiques (présentation écoles) ?
Il existe un reportage littéraire sur la genèse du Eclipse MV/8000 de Data General, qui se voulait concurrent du Vax. Écrit par Tracy Kidder, le roman s'appelle "Eagle" en français (et "the soul of a new machine" en anglais), c'est une intéressante évocation de l'informatique industrielle de la fin des années 1970 : http://www.hyperbate.com/dernier/?p=2369
C'est vrai que le ton est très enthousiaste pour le z10, mais belle bête tout de même
Très bon article d'histoire bien qu'un poil trop "pro-IBM"... Rien à propos des serveurs HP, Sun et consors (à processeurs RISC), par exemple...
Sinon, pour le Colossus et le Bull Gamma 60 :
- Colossus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Colossus_(ordinateur)
- Bull Gamma 60 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gamma_60 et http://www.feb-patrimoine.com/proj [...] mma_60.htm
Ah puisqu'on parle du Gamma 60, voilà comment Science et Vie commentait le match IBM/Bull en 1957 : http://www.hyperbate.com/dernier/?p=6869
manque le 370/158
"On peut même oser la comparaison avec les diamants"

Médaille d'or dans la catégorie Geek là
Ceci dit article très intéressant par un auteur passionné, merci
Article pro-IBM certes mais l'auteur ne cache pas qu'il y a travaillé et qu'il est resté fan.
On ne dit pas grand chose sur les Cray et les Silicon Grapics... Je trouve que c'est un peu dommage...
Excellent article, bien que pro-IBM, je dirais que c'est un excellent début qui mériterait d'être complété par bien d'autres serveurs marquants, au point d'en devenir une excellente idée de livre ! Une belle litérature bien éloignée de la traditionnelle auto-formation aux nouvelles technos
Ceci dit, j'aimerais bien extraire cet article pour le conserver ... Il vaudra le coup d'être relu dans 10 ans, par mon neveu qui en aura 26 !
le monde evolus vite j'aimerais bien voir dans 100 ans l'informatique ce qu'il pourrais etre .
1000 processeur core i7 qui tiens dans un micron 1micron
Imprimante IBM 1403 : 600 lignes/minute et non 600 lignes/secondes !