2050, vers un cerveau câblé de bonnes intentions...
Dernière réponse : dans Le Bistrot
Bon alors. On entend souvent dire qu'un jour le robot, la machine, prendra le pas sur l'homme, que l'IA sera un jour capable de nous remplacer en tout et qu'au bout du compte nous serons mis hors circuit. Même si tout ça n'est pas très rassurant il y a au moins du bon dans ce genre de prédiction : l'homme du futur restera homme, il fera ce qu'il a toujours fait : se battre contre l'adversité, ce sera l'homme contre la machine dans tout ce que cette image peut avoir de romantique, ça sera dur, ça sera long, ça sera pas drôle tous les jours mais au moins resterons-nous tel que nous sommes : des humains dôtés d'un libre arbitre. C'est un scénario qui a été souvent repris avec plus ou moins de succès : Terminator, Saturn IV ou Matrix pour le cinéma, ou Le Centre Galactique (1) en littérature pour ne citer que celui-là.
Mais tout bien réfléchi un tel futur pourrait bien être préférable à un autre scénario, bien plus insidieux, bien plus dangereux pour l'espèce humaine. Un combat homme/machine finalement suivra les règles de l'Art de la Guerre de Sun Tse, à savoir que le meilleur gagne. Si l'homme en sort vainqueur il n'en sera que plus fort et l'humanité aura trouvé là l'occasion de s'unir (Toute histoire de méchants envahisseur E.T. à presque toujours comme corollaire l'union des peuples, on oublie nos divergences pour faire front ensemble).
Seulement le développement de l'informatique ne mène pas nécessairement la machine-outil au terminator. Il peut amener plus sûrement l'homme à la machine-outil...
Dans son roman Isolation (2), Greg Egan nous présente notre monde en 2067. A cette date le développement des neurotechnologies a mis fin à la course effrénée des fabricants de processeurs pour ne plus se consacrer qu'au software, en effet en 2067, le hardware, c'est nous. Quel plus puissant processeur que le cerveau humain ? Quel meilleur écran que notre rétine ?
Dans son livre Visions (3) Michio Kaku nous dit (p.96):
... notre cerveau n'a jamais développé les circuits neuronaux remarquablement simples que requièrent les opérations arithmétiques. Etre capable de multiplier des nombres à cinq chiffres, ce qu'accomplissent sans effort les calculettes, n'était d'aucune utilité pour échapper à un tigre à dents de sabre voilà des centaines de milliers d'années.
Et c'est bien frustrant n'est-ce-pas ? Heureusement dans quelques décennies comme nous le présente Egan, ces carences cruelles seront comblées par les mods. Qu'est-ce qu'un mod ? Un logiciel que l'on installe dans notre cerveau pour remplir les tâches que l'on ne sait pas faire. Vous fermez les yeux et partez surfer sur le Net (votre cerveau, magnifique carte graphique, vous affiche les pages dans la tête) mais le Net c'est toujours le même foutoir et vous ne trouvez pas l'information que vous cherchez. Qu'à cela ne tienne vous invoquez J'AIDELACHANCE (85€), votre mod de recherche préféré qui vous trouve ça en un instant. Vous projetez un voyage aux Philippines mais ne parlez pas un traître mot de Tagalog, pas grave, vous téléchargez MANILLE-Light(70€) et vous vous l'installez, voilà vous parlez tagalog. Vous aimeriez savoir jouer du piano ? Aucun problème si vous avez les moyens (Egan nous prévient : (p.69)« ...les aptitudes manuelles ne sont jamais bon marché.»), vous achetez BRENDEL(3250€) et vous voilà virtuose.
De prime abord toutes ces possibilités paraissent séduisantes mais il y a un problème : sachant que tout le monde (s'il peut en payer le prix) est désormais capable de tout faire, quel intérêt y a t-il alors à faire quoi que ce soit ? Ce que l'on admire chez un virtuose du piano c'est toute l'énergie, les sacrifices et le travail qui lui ont été nécessaire pour arriver à une telle qualité. Si un mod permet d'y arriver moyennant quelques billets, que peut bien dès lors signifier des mots comme : talent, travail, respect. Il ne signifient plus rien.
Mais les mods ne servent pas qu'à nous donner de nouvelles aptitudes, ils peuvent aussi remplacer un être cher (p.13) :
Debout à côté de moi sur le balcon, une apparition générée par mod de karen, mon épouse décédée, glisse un bras autour de ma taille et dit : « Nick ? Qu'y a-t-il ? » Son toucher est frais et elle étend largement les doigts autour de mon abdomen, comme des antennes.
Non seulement Nick peut-il voir sa femme qui est modelé et incrusté dans sa vision, mais il peut également la sentir car le mod KAREN indique à son cerveau quelles terminaisons nerveuses activer pour donner l'illusion d'être touché. Il communique aussi avec elle car le mod est sa femme, ou du moins est-il le souvenir que Nick en a gardé et le mod, à son installation, est allé chercher dans les souvenirs de Nick de quoi recomposer sa femme.
Inutile de préciser que Nick est célibataire. Il a sa femme morte vivant dans sa tête.
Mais tout cela n'est rien en comparaison de la suite. Venons-en à l'essence même de l'homme, son libre arbitre, sa conscience. Dans l'histoire Nick est amené pour les besoins de son enquète (il est enquèteur privé) à pénétrer par effraction dans un bâtiment abritant une société fabriquante de mods. L'action tourne mal et Nick se fait choper (à noter que la technologie dont dispose Nick ferait palir d'envie Han Solo, dans 50 ans nous serons sans doute plus évolué techniquement que tout ce qu'on peut voir dans Star wars et autre Star Trek (ceci est une pointe un peu hors sujet adressée à tous les admirateurs de ce Star wars qui a fait beaucoup de tort à la science fiction
)). Les gens qui le détiennent peuvent le laisser partir, lui effacer la mémoire ou le tuer. Ils choisissent peut-être pire que tout cela, ils lui installent un mod de loyauté.(p.128) :Les mods de loyautés ne vous chuchotent pas de la propagande dans le crâne. Ils ne vous bombardent pas d'images de l'objet de votre dévotion en stimulant les centres du plaisir du cerveau, pas plus qu'ils ne vous paralysent de douleur et de nausée si vous déviez du cours correct de pensée. Ils n'obscurcissent pas votre esprit en y instillant une euphorie béate, ou un fanatisme fiévreux ; pas plus qu'ils ne vous leurrent en vous faisant accepter un fragment de casuistique élégant mais vicié. Pas de lavage de cerveau, ni de conditionnement ou de persuasion. Un mod de loyauté n'est pas l'agent d'un changement ; c'est le produit fini, un fait accompli. Pas une raison de croire, mais la croyance elle-même, la foi faite chair - ou plutôt la chair faite foi.
Nick devient un toutou dévoué à la société qu'il espionnait. Il en est conscient et pourtant ça ne lui fait rien car le mod le rend heureux de son sort, protéger la société est la chose la plus importante de l'univers. La vie de Nick est désormais intrinsèquement liée à l'Ensemble, le nom qui désigne le groupe de sociétés qu'il sert. (p.124):
Je suis vivant. Ma mémoire est intacte. Ils ne m'ont rien retiré - mais ils ont ajouté quelque chose.
Je n'ai aucune idée de ce qu'est l'Ensemble- sauf que c'est la chose la plus importante dans ma vie.
Je n'ai aucune idée de ce qu'est l'Ensemble- sauf que c'est la chose la plus importante dans ma vie.
Ainsi l'homme n'a pas créé des machines à même de le supplanter, il s'est tout simplement transformé en machine. Et c'est là qu'on s'aperçoit que le scénario d'un Terminator ou d'un Matrix fait figure de moindre mal, car au moins dans Terminator l'ennemi a-t-il un visage, une forme physique que l'homme peut combattre à la force de son intelligence et de ses bras. Dans Isolation il n'y a plus rien à combattre, la nature humaine a disparu, reformatée par les mods. Nick a perdu son libre arbitre et en plus il s'en félicite.
De même dans L'Enfance Attribué, un court roman terrifiant de David Maruzek (4) situé aux horizons 2100, l'homme dispose peut-être encore de son libre arbitre, mais sa vie, tout son être est si parfaitement intégré dans le réseau que lorsqu'il en est exclu il perd toute identité. Le personnage de ce roman a dans le crâne un assistant IA qui rêgle tous les problèmes à sa place (il s'occupe de ses comptes, d'ouvrir les portes de son appartement, de filtrer ses appels). Un jour un malentendu fait que le héros se voit purger de tous les nanorobots qui pullulent en lui, le reliant au monde et entretenant son corps. Privé de ses béquilles il devient un pestiféré et est rejeté de tous (tout son corps est déréglé et il commence même à puer). Il n'a plus qu'à aller crever.
1) Le Centre Galactique de Gregory Benford, 5 vol traduits (1978-1994). Livre de Poche.
2) Isolation de Greg Egan (1992), Livre de Poche n°7250
3) Visions de Michio Kaku (1997), Albin Michel
4) L'Enfance Attribué de David Marusek (1995), Bélial'
Autres pages sur : 2050 vers cerveau cable bonnes intentions
shengess a écrit
Bon alors. On entend souvent dire qu'un jour le robot, la machine, prendra le pas sur l'homme, que l'IA sera un jour capable de nous remplacer en tout et qu'au bout du compte nous serons mis hors circuit. Même si tout ça n'est pas très rassurant il y a au moins du bon dans ce genre de prédiction : l'homme du futur restera homme, il fera ce qu'il a toujours fait : se battre contre l'adversité, ce sera l'homme contre la machine dans tout ce que cette image peut avoir de romantique, ça sera dur, ça sera long, ça sera pas drôle tous les jours mais au moins resterons-nous tel que nous sommes : des humains dôtés d'un libre arbitre. C'est un scénario qui a été souvent repris avec plus ou moins de succès : Terminator, Saturn IV ou Matrix pour le cinéma, ou Le Centre Galactique (1) en littérature pour ne citer que celui-là.
Mais tout bien réfléchi un tel futur pourrait bien être préférable à un autre scénario, bien plus insidieux, bien plus dangereux pour l'espèce humaine. Un combat homme/machine finalement suivra les règles de l'Art de la Guerre de Sun Tse, à savoir que le meilleur gagne. Si l'homme en sort vainqueur il n'en sera que plus fort et l'humanité aura trouvé là l'occasion de s'unir (Toute histoire de méchants envahisseur E.T. à presque toujours comme corollaire l'union des peuples, on oublie nos divergences pour faire front ensemble).
Seulement le développement de l'informatique ne mène pas nécessairement la machine-outil au terminator. Il peut amener plus sûrement l'homme à la machine-outil...
Dans son roman Isolation (2), Greg Egan nous présente notre monde en 2067. A cette date le développement des neurotechnologies a mis fin à la course effrénée des fabricants de processeurs pour ne plus se consacrer qu'au software, en effet en 2067, le hardware, c'est nous. Quel plus puissant processeur que le cerveau humain ? Quel meilleur écran que notre rétine ?
Dans son livre Visions (3) Michio Kaku nous dit (p.96):
Et c'est bien frustrant n'est-ce-pas ? Heureusement dans quelques décennies comme nous le présente Egan, ces carences cruelles seront comblées par les mods. Qu'est-ce qu'un mod ? Un logiciel que l'on installe dans notre cerveau pour remplir les tâches que l'on ne sait pas faire. Vous fermez les yeux et partez surfer sur le Net (votre cerveau, magnifique carte graphique, vous affiche les pages dans la tête) mais le Net c'est toujours le même foutoir et vous ne trouvez pas l'information que vous cherchez. Qu'à cela ne tienne vous invoquez J'AIDELACHANCE (85€), votre mod de recherche préféré qui vous trouve ça en un instant. Vous projetez un voyage aux Philippines mais ne parlez pas un traître mot de Tagalog, pas grave, vous téléchargez MANILLE-Light(70€) et vous vous l'installez, voilà vous parlez tagalog. Vous aimeriez savoir jouer du piano ? Aucun problème si vous avez les moyens (Egan nous prévient : (p.69)« ...les aptitudes manuelles ne sont jamais bon marché.»), vous achetez BRENDEL(3250€) et vous voilà virtuose.
De prime abord toutes ces possibilités paraissent séduisantes mais il y a un problème : sachant que tout le monde (s'il peut en payer le prix) est désormais capable de tout faire, quel intérêt y a t-il alors à faire quoi que ce soit ? Ce que l'on admire chez un virtuose du piano c'est toute l'énergie, les sacrifices et le travail qui lui ont été nécessaire pour arriver à une telle qualité. Si un mod permet d'y arriver moyennant quelques billets, que peut bien dès lors signifier des mots comme : talent, travail, respect. Il ne signifient plus rien.
Mais les mods ne servent pas qu'à nous donner de nouvelles aptitudes, ils peuvent aussi remplacer un être cher (p.13) :
Non seulement Nick peut-il voir sa femme qui est modelé et incrusté dans sa vision, mais il peut également la sentir car le mod KAREN indique à son cerveau quelles terminaisons nerveuses activer pour donner l'illusion d'être touché. Il communique aussi avec elle car le mod est sa femme, ou du moins est-il le souvenir que Nick en a gardé et le mod, à son installation, est allé chercher dans les souvenirs de Nick de quoi recomposer sa femme.
Inutile de préciser que Nick est célibataire. Il a sa femme morte vivant dans sa tête.
Mais tout cela n'est rien en comparaison de la suite. Venons-en à l'essence même de l'homme, son libre arbitre, sa conscience. Dans l'histoire Nick est amené pour les besoins de son enquète (il est enquèteur privé) à pénétrer par effraction dans un bâtiment abritant une société fabriquante de mods. L'action tourne mal et Nick se fait choper (à noter que la technologie dont dispose Nick ferait palir d'envie Han Solo, dans 50 ans nous serons sans doute plus évolué techniquement que tout ce qu'on peut voir dans Star wars et autre Star Trek (ceci est une pointe un peu hors sujet adressée à tous les admirateurs de ce Star wars qui a fait beaucoup de tort à la science fiction
)). Les gens qui le détiennent peuvent le laisser partir, lui effacer la mémoire ou le tuer. Ils choisissent peut-être pire que tout cela, ils lui installent un mod de loyauté.(p.128) :
Nick devient un toutou dévoué à la société qu'il espionnait. Il en est conscient et pourtant ça ne lui fait rien car le mod le rend heureux de son sort, protéger la société est la chose la plus importante de l'univers. La vie de Nick est désormais intrinsèquement liée à l'Ensemble, le nom qui désigne le groupe de sociétés qu'il sert. (p.124):
Ainsi l'homme n'a pas créé des machines à même de le supplanter, il s'est tout simplement transformé en machine. Et c'est là qu'on s'aperçoit que le scénario d'un Terminator ou d'un Matrix fait figure de moindre mal, car au moins dans Terminator l'ennemi a-t-il un visage, une forme physique que l'homme peut combattre à la force de son intelligence et de ses bras. Dans Isolation il n'y a plus rien à combattre, la nature humaine a disparu, reformatée par les mods. Nick a perdu son libre arbitre et en plus il s'en félicite.
De même dans L'Enfance Attribué, un court roman terrifiant de David Maruzek (4) situé aux horizons 2100, l'homme dispose peut-être encore de son libre arbitre, mais sa vie, tout son être est si parfaitement intégré dans le réseau que lorsqu'il en est exclu il perd toute identité. Le personnage de ce roman a dans le crâne un assistant IA qui rêgle tous les problèmes à sa place (il s'occupe de ses comptes, d'ouvrir les portes de son appartement, de filtrer ses appels). Un jour un malentendu fait que le héros se voit purger de tous les nanorobots qui pullulent en lui, le reliant au monde et entretenant son corps. Privé de ses béquilles il devient un pestiféré et est rejeté de tous (tout son corps est déréglé et il commence même à puer). Il n'a plus qu'à aller crever.
1) Le Centre Galactique de Gregory Benford, 5 vol traduits (1978-1994). Livre de Poche.
2) Isolation de Greg Egan (1992), Livre de Poche n°7250
3) Visions de Michio Kaku (1997), Albin Michel
4) L'Enfance Attribué de David Marusek (1995), Bélial'
Très intéressant dis-donc, j'avais jamais pensé à tout ça ! De la pensée fraîche c'est bon, et sur internet c'est carrément rare ! Bon alors. On entend souvent dire qu'un jour le robot, la machine, prendra le pas sur l'homme, que l'IA sera un jour capable de nous remplacer en tout et qu'au bout du compte nous serons mis hors circuit. Même si tout ça n'est pas très rassurant il y a au moins du bon dans ce genre de prédiction : l'homme du futur restera homme, il fera ce qu'il a toujours fait : se battre contre l'adversité, ce sera l'homme contre la machine dans tout ce que cette image peut avoir de romantique, ça sera dur, ça sera long, ça sera pas drôle tous les jours mais au moins resterons-nous tel que nous sommes : des humains dôtés d'un libre arbitre. C'est un scénario qui a été souvent repris avec plus ou moins de succès : Terminator, Saturn IV ou Matrix pour le cinéma, ou Le Centre Galactique (1) en littérature pour ne citer que celui-là.
Mais tout bien réfléchi un tel futur pourrait bien être préférable à un autre scénario, bien plus insidieux, bien plus dangereux pour l'espèce humaine. Un combat homme/machine finalement suivra les règles de l'Art de la Guerre de Sun Tse, à savoir que le meilleur gagne. Si l'homme en sort vainqueur il n'en sera que plus fort et l'humanité aura trouvé là l'occasion de s'unir (Toute histoire de méchants envahisseur E.T. à presque toujours comme corollaire l'union des peuples, on oublie nos divergences pour faire front ensemble).
Seulement le développement de l'informatique ne mène pas nécessairement la machine-outil au terminator. Il peut amener plus sûrement l'homme à la machine-outil...
Dans son roman Isolation (2), Greg Egan nous présente notre monde en 2067. A cette date le développement des neurotechnologies a mis fin à la course effrénée des fabricants de processeurs pour ne plus se consacrer qu'au software, en effet en 2067, le hardware, c'est nous. Quel plus puissant processeur que le cerveau humain ? Quel meilleur écran que notre rétine ?
Dans son livre Visions (3) Michio Kaku nous dit (p.96):
... notre cerveau n'a jamais développé les circuits neuronaux remarquablement simples que requièrent les opérations arithmétiques. Etre capable de multiplier des nombres à cinq chiffres, ce qu'accomplissent sans effort les calculettes, n'était d'aucune utilité pour échapper à un tigre à dents de sabre voilà des centaines de milliers d'années.
Et c'est bien frustrant n'est-ce-pas ? Heureusement dans quelques décennies comme nous le présente Egan, ces carences cruelles seront comblées par les mods. Qu'est-ce qu'un mod ? Un logiciel que l'on installe dans notre cerveau pour remplir les tâches que l'on ne sait pas faire. Vous fermez les yeux et partez surfer sur le Net (votre cerveau, magnifique carte graphique, vous affiche les pages dans la tête) mais le Net c'est toujours le même foutoir et vous ne trouvez pas l'information que vous cherchez. Qu'à cela ne tienne vous invoquez J'AIDELACHANCE (85€), votre mod de recherche préféré qui vous trouve ça en un instant. Vous projetez un voyage aux Philippines mais ne parlez pas un traître mot de Tagalog, pas grave, vous téléchargez MANILLE-Light(70€) et vous vous l'installez, voilà vous parlez tagalog. Vous aimeriez savoir jouer du piano ? Aucun problème si vous avez les moyens (Egan nous prévient : (p.69)« ...les aptitudes manuelles ne sont jamais bon marché.»), vous achetez BRENDEL(3250€) et vous voilà virtuose.
De prime abord toutes ces possibilités paraissent séduisantes mais il y a un problème : sachant que tout le monde (s'il peut en payer le prix) est désormais capable de tout faire, quel intérêt y a t-il alors à faire quoi que ce soit ? Ce que l'on admire chez un virtuose du piano c'est toute l'énergie, les sacrifices et le travail qui lui ont été nécessaire pour arriver à une telle qualité. Si un mod permet d'y arriver moyennant quelques billets, que peut bien dès lors signifier des mots comme : talent, travail, respect. Il ne signifient plus rien.
Mais les mods ne servent pas qu'à nous donner de nouvelles aptitudes, ils peuvent aussi remplacer un être cher (p.13) :
Debout à côté de moi sur le balcon, une apparition générée par mod de karen, mon épouse décédée, glisse un bras autour de ma taille et dit : « Nick ? Qu'y a-t-il ? » Son toucher est frais et elle étend largement les doigts autour de mon abdomen, comme des antennes.
Non seulement Nick peut-il voir sa femme qui est modelé et incrusté dans sa vision, mais il peut également la sentir car le mod KAREN indique à son cerveau quelles terminaisons nerveuses activer pour donner l'illusion d'être touché. Il communique aussi avec elle car le mod est sa femme, ou du moins est-il le souvenir que Nick en a gardé et le mod, à son installation, est allé chercher dans les souvenirs de Nick de quoi recomposer sa femme.
Inutile de préciser que Nick est célibataire. Il a sa femme morte vivant dans sa tête.
Mais tout cela n'est rien en comparaison de la suite. Venons-en à l'essence même de l'homme, son libre arbitre, sa conscience. Dans l'histoire Nick est amené pour les besoins de son enquète (il est enquèteur privé) à pénétrer par effraction dans un bâtiment abritant une société fabriquante de mods. L'action tourne mal et Nick se fait choper (à noter que la technologie dont dispose Nick ferait palir d'envie Han Solo, dans 50 ans nous serons sans doute plus évolué techniquement que tout ce qu'on peut voir dans Star wars et autre Star Trek (ceci est une pointe un peu hors sujet adressée à tous les admirateurs de ce Star wars qui a fait beaucoup de tort à la science fiction
)). Les gens qui le détiennent peuvent le laisser partir, lui effacer la mémoire ou le tuer. Ils choisissent peut-être pire que tout cela, ils lui installent un mod de loyauté.(p.128) :Les mods de loyautés ne vous chuchotent pas de la propagande dans le crâne. Ils ne vous bombardent pas d'images de l'objet de votre dévotion en stimulant les centres du plaisir du cerveau, pas plus qu'ils ne vous paralysent de douleur et de nausée si vous déviez du cours correct de pensée. Ils n'obscurcissent pas votre esprit en y instillant une euphorie béate, ou un fanatisme fiévreux ; pas plus qu'ils ne vous leurrent en vous faisant accepter un fragment de casuistique élégant mais vicié. Pas de lavage de cerveau, ni de conditionnement ou de persuasion. Un mod de loyauté n'est pas l'agent d'un changement ; c'est le produit fini, un fait accompli. Pas une raison de croire, mais la croyance elle-même, la foi faite chair - ou plutôt la chair faite foi.
Nick devient un toutou dévoué à la société qu'il espionnait. Il en est conscient et pourtant ça ne lui fait rien car le mod le rend heureux de son sort, protéger la société est la chose la plus importante de l'univers. La vie de Nick est désormais intrinsèquement liée à l'Ensemble, le nom qui désigne le groupe de sociétés qu'il sert. (p.124):
Je suis vivant. Ma mémoire est intacte. Ils ne m'ont rien retiré - mais ils ont ajouté quelque chose.
Je n'ai aucune idée de ce qu'est l'Ensemble- sauf que c'est la chose la plus importante dans ma vie.
Je n'ai aucune idée de ce qu'est l'Ensemble- sauf que c'est la chose la plus importante dans ma vie.
Ainsi l'homme n'a pas créé des machines à même de le supplanter, il s'est tout simplement transformé en machine. Et c'est là qu'on s'aperçoit que le scénario d'un Terminator ou d'un Matrix fait figure de moindre mal, car au moins dans Terminator l'ennemi a-t-il un visage, une forme physique que l'homme peut combattre à la force de son intelligence et de ses bras. Dans Isolation il n'y a plus rien à combattre, la nature humaine a disparu, reformatée par les mods. Nick a perdu son libre arbitre et en plus il s'en félicite.
De même dans L'Enfance Attribué, un court roman terrifiant de David Maruzek (4) situé aux horizons 2100, l'homme dispose peut-être encore de son libre arbitre, mais sa vie, tout son être est si parfaitement intégré dans le réseau que lorsqu'il en est exclu il perd toute identité. Le personnage de ce roman a dans le crâne un assistant IA qui rêgle tous les problèmes à sa place (il s'occupe de ses comptes, d'ouvrir les portes de son appartement, de filtrer ses appels). Un jour un malentendu fait que le héros se voit purger de tous les nanorobots qui pullulent en lui, le reliant au monde et entretenant son corps. Privé de ses béquilles il devient un pestiféré et est rejeté de tous (tout son corps est déréglé et il commence même à puer). Il n'a plus qu'à aller crever.
1) Le Centre Galactique de Gregory Benford, 5 vol traduits (1978-1994). Livre de Poche.
2) Isolation de Greg Egan (1992), Livre de Poche n°7250
3) Visions de Michio Kaku (1997), Albin Michel
4) L'Enfance Attribué de David Marusek (1995), Bélial'
C'est vrai que, finalement, les scénarios Terminator-like ne sont qu'une transposition de la guerre classique telle qu'on la connaît. Les ennemis sont plus intelligents, plus forts, plus nombreux, mais ça reste fondamentalement la même chose !
Mais quand la guerre est dans le cerveau, c'est autre chose ! Ce que j'aime bien avec ce genre de scénario, c'est que la question qui le sous-tend est : qu'est-ce qu'être humain ? Nous tendons, depuis toujours et pour toujours, vers l'amélioration, dans tous les domaines. Mais la perfection est-elle encore humaine ? Cela vaut-il le coup de l'atteindre un jour ?
Si tu peux te trouver les épisodes de la série "Ghost in the shell" de Mamoru Oshii (d'après la manga de Masamune Shiro), tu devrais être comblé ! Sous prétexte de raconter un n-ième polar futuriste, chaque épisode de cette série mène un bout de réflexion à propos des humains qui deviennt machinesques (implants dans le corps ; certains flics sont plus humains que machines, pour d'autres c'est l'inverse) et des machines qui deviennent humaines (les mechas arachnéens Fuchikoma dont l'IA est si poussée qu'ils commencent à se poser des questions... et donc à être moins efficaces !!).
D'ailleurs à ce propos, sort bientôt "Innocence" (dans 3 semaines - 1 mois je dirais), qui est la "suite" de l'anime "Ghost in the shell" : je ne saurais trop te conseiller d'aller le voir, sur l'écran d'un cinéma c'est une splendeur visuelle, le cell shading s'intègre à merveille dans le dessin traditionnel... et puis la bande-son a l'air du même tonneau que GITS : jungle et musique traditionnelle niponne
![[:sauru] [:sauru]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/9e/a4/sauru.gif)
Très bon topic, merci shengess
Ceci dit, shengess, je viens de penser à un truc : ton analyse sur l'absence de circuit simple dans le cerveau permettant de faire des opérations binaires à haute vitesse me semble hasardeuse, vu nos connaissances actuelles sur le fonctionnement et la puissance de cet organe.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
El Awrence a écritCeci dit, shengess, je viens de penser à un truc : ton analyse sur l'absence de circuit simple dans le cerveau permettant de faire des opérations binaires à haute vitesse me semble hasardeuse, vu nos connaissances actuelles sur le fonctionnement et la puissance de cet organe.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...(c'étay un mercredi)
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...(c'étay un mercredi)
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
ouais mon cerveau est vachement flexible,je suis daccord avec
toi;il a en plus 2 globes et plains de poal autour
El Awrence a écrit
Mais quand la guerre est dans le cerveau, c'est autre chose ! Ce que j'aime bien avec ce genre de scénario, c'est que la question qui le sous-tend est : qu'est-ce qu'être humain ? Nous tendons, depuis toujours et pour toujours, vers l'amélioration, dans tous les domaines. Mais la perfection est-elle encore humaine ? Cela vaut-il le coup de l'atteindre un jour ?
Si tu peux te trouver les épisodes de la série "Ghost in the shell" de Mamoru Oshii (d'après la manga de Masamune Shiro), tu devrais être comblé ! Sous prétexte de raconter un n-ième polar futuriste, chaque épisode de cette série mène un bout de réflexion à propos des humains qui deviennt machinesques (implants dans le corps ; certains flics sont plus humains que machines, pour d'autres c'est l'inverse) et des machines qui deviennent humaines (les mechas arachnéens Fuchikoma dont l'IA est si poussée qu'ils commencent à se poser des questions... et donc à être moins efficaces !!).
D'ailleurs à ce propos, sort bientôt "Innocence" (dans 3 semaines - 1 mois je dirais), qui est la "suite" de l'anime "Ghost in the shell" : je ne saurais trop te conseiller d'aller le voir, sur l'écran d'un cinéma c'est une splendeur visuelle, le cell shading s'intègre à merveille dans le dessin traditionnel... et puis la bande-son a l'air du même tonneau que GITS : jungle et musique traditionnelle niponne![[:sauru] [:sauru]]()
Mais quand la guerre est dans le cerveau, c'est autre chose ! Ce que j'aime bien avec ce genre de scénario, c'est que la question qui le sous-tend est : qu'est-ce qu'être humain ? Nous tendons, depuis toujours et pour toujours, vers l'amélioration, dans tous les domaines. Mais la perfection est-elle encore humaine ? Cela vaut-il le coup de l'atteindre un jour ?
Si tu peux te trouver les épisodes de la série "Ghost in the shell" de Mamoru Oshii (d'après la manga de Masamune Shiro), tu devrais être comblé ! Sous prétexte de raconter un n-ième polar futuriste, chaque épisode de cette série mène un bout de réflexion à propos des humains qui deviennt machinesques (implants dans le corps ; certains flics sont plus humains que machines, pour d'autres c'est l'inverse) et des machines qui deviennent humaines (les mechas arachnéens Fuchikoma dont l'IA est si poussée qu'ils commencent à se poser des questions... et donc à être moins efficaces !!).
D'ailleurs à ce propos, sort bientôt "Innocence" (dans 3 semaines - 1 mois je dirais), qui est la "suite" de l'anime "Ghost in the shell" : je ne saurais trop te conseiller d'aller le voir, sur l'écran d'un cinéma c'est une splendeur visuelle, le cell shading s'intègre à merveille dans le dessin traditionnel... et puis la bande-son a l'air du même tonneau que GITS : jungle et musique traditionnelle niponne
![[:sauru] [:sauru]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/9e/a4/sauru.gif)
En fait aujourd'hui on cri au loup dès que le sujet porte sur le clonage, la génétique et les modifications sur nous même qu'elle laisse entrevoir. On parle d'éthique, d'eugénisme, etc. Par contre on ne s'inquiète pas des développements des prothèses, de "l'électronisation" et du câblage cerveau/corps car permettre à un tétraplégique de se resservir de ses membres est un projet on ne peut plus noble. Pourtant les recherches sur le cerveau sont tout aussi inquiétantes, peut-être davantage même que celle sur l'ADN. Bidouiller le cerveau c'est un coup à perdre la tête.
J'ai vu le film Ghost in the Shell qui m'avait bien plu dans l'ensemble (mis à part un doublage très moyen), je ne savais pas qu'il y avait une série par contre
Le film avait un goût de trop peu. Visuellement c'est comment ? Merci
j'irai voir Innocence, cette suite s'annonce
El Awrence a écritCeci dit, shengess, je viens de penser à un truc : ton analyse sur l'absence de circuit simple dans le cerveau permettant de faire des opérations binaires à haute vitesse me semble hasardeuse, vu nos connaissances actuelles sur le fonctionnement et la puissance de cet organe.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
Mon objection se trouve légitimée par l'existence de "cas" : ces gens, souvent déficients mentalement, mais qui développent une aptitude tout à fait extraordinaire, et qui te font des divisions astronomiques instantanément ou te sortent le jour de la semaine du 4 mars 1324...
Perso je pense qu'il faut y aller très prudemment avec le cerveau : il peut nous réserver d'énormes surprises par sa flexibilité.
Non je n'ai pas dit que ces circuits étaient absents, nous les avons tous, simplement ils ne sont pas connectés. Le cas des autistes prouve justement que notre cerveau est capable de faire ce genre de calcul.
Le Cray-3, l'un des plus rapides ordinateurs sur Terre, peut traiter l'information à la vitesse de 100 milliards de bits par seconde. En comparaison, certains scientifiques estiment que le cerveau humain peut calculer au rythme de 100000 milliards de bits par seconde.
[...]
Le cerveau contient quelque chose comme 200 milliards de neurones. Ils déchargent 10 millions de milliards de fois par seconde.[...] chaque neurone est connecté à 10000 autres neurones[...]le cerveau est donc un processeur parallèle exécutant simultanément des milliards de milliards d'opérations par seconde.
Michio Kaku, Visions
shengess a écrit
En fait aujourd'hui on cri au loup dès que le sujet porte sur le clonage, la génétique et les modifications sur nous même qu'elle laisse entrevoir. On parle d'éthique, d'eugénisme, etc. Par contre on ne s'inquiète pas des développements des prothèses, de "l'électronisation" et du câblage cerveau/corps car permettre à un tétraplégique de se resservir de ses membres est un projet on ne peut plus noble. Pourtant les recherches sur le cerveau sont tout aussi inquiétantes, peut-être davantage même que celle sur l'ADN. Bidouiller le cerveau c'est un coup à perdre la tête.
J'ai vu le film Ghost in the Shell qui m'avait bien plu dans l'ensemble (mis à part un doublage très moyen), je ne savais pas qu'il y avait une série par contre
Le film avait un goût de trop peu. Visuellement c'est comment ?
Merci
j'irai voir Innocence, cette suite s'annonce
Très soigné En fait aujourd'hui on cri au loup dès que le sujet porte sur le clonage, la génétique et les modifications sur nous même qu'elle laisse entrevoir. On parle d'éthique, d'eugénisme, etc. Par contre on ne s'inquiète pas des développements des prothèses, de "l'électronisation" et du câblage cerveau/corps car permettre à un tétraplégique de se resservir de ses membres est un projet on ne peut plus noble. Pourtant les recherches sur le cerveau sont tout aussi inquiétantes, peut-être davantage même que celle sur l'ADN. Bidouiller le cerveau c'est un coup à perdre la tête.
J'ai vu le film Ghost in the Shell qui m'avait bien plu dans l'ensemble (mis à part un doublage très moyen), je ne savais pas qu'il y avait une série par contre
Le film avait un goût de trop peu. Visuellement c'est comment ? Merci
j'irai voir Innocence, cette suite s'annonce
Le film avait carrément un goût de trop peu, mais pour autant je l'ai totalement adoré !! Ces moments purement contemplatifs, dans la ville, sous la pluie...
El Awrence a écritTrès soigné
Le film avait carrément un goût de trop peu, mais pour autant je l'ai totalement adoré !! Ces moments purement contemplatifs, dans la ville, sous la pluie...![[:prosterne] [:prosterne]]()
Le film avait carrément un goût de trop peu, mais pour autant je l'ai totalement adoré !! Ces moments purement contemplatifs, dans la ville, sous la pluie...
![[:prosterne] [:prosterne]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/b9/e1/prosterne.gif)
oui, on sentait bien l'influence de blade runner, ces moments de contemplation ou Deckard s'abandonne dans la contemplation du monde qui s'écroule. Et la pluie par dessus tout ça c'était beau.
shengess a écrit
Non je n'ai pas dit que ces circuits étaient absents, nous les avons tous, simplement ils ne sont pas connectés. Le cas des autistes prouve justement que notre cerveau est capable de faire ce genre de calcul.
Le Cray-3, l'un des plus rapides ordinateurs sur Terre, peut traiter l'information à la vitesse de 100 milliards de bits par seconde. En comparaison, certains scientifiques estiment que le cerveau humain peut calculer au rythme de 100000 milliards de bits par seconde.
[...]
Le cerveau contient quelque chose comme 200 milliards de neurones. Ils déchargent 10 millions de milliards de fois par seconde.[...] chaque neurone est connecté à 10000 autres neurones[...]le cerveau est donc un processeur parallèle exécutant simultanément des milliards de milliards d'opérations par seconde.
Michio Kaku, Visions
1 : en ordre de grandeur, la puissance estimée du cerveau est bien plus grande : 20 millions de milliards de bitsNon je n'ai pas dit que ces circuits étaient absents, nous les avons tous, simplement ils ne sont pas connectés. Le cas des autistes prouve justement que notre cerveau est capable de faire ce genre de calcul.
Le Cray-3, l'un des plus rapides ordinateurs sur Terre, peut traiter l'information à la vitesse de 100 milliards de bits par seconde. En comparaison, certains scientifiques estiment que le cerveau humain peut calculer au rythme de 100000 milliards de bits par seconde.
[...]
Le cerveau contient quelque chose comme 200 milliards de neurones. Ils déchargent 10 millions de milliards de fois par seconde.[...] chaque neurone est connecté à 10000 autres neurones[...]le cerveau est donc un processeur parallèle exécutant simultanément des milliards de milliards d'opérations par seconde.
Michio Kaku, Visions
2 : comparer le cerveau à un processeur, mmmmmmh
![[:el awrence] [:el awrence]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/db/4d/el-awrence.gif)
cette comparaison me plaît pas, déjà rien qu'à la base la différence est totale puisque les neurones fonctionnent de façon analogique (l'intensité du courant parcourant les axones et les dendrites compte) et non binaire
shengess a écritcertes mais la fonction est la même entre cerveau et processeur, véhiculer et traiter l'information. Après c'est une histoire de vocabulaire..
Comme tu y vas ! [
awa' ]C'est bien plus que du pinaillage sémantique : les mondes binaire et analogique n'ont vraiment rien à voir ! La "faiblesse descriptive" du binaire fait que ce mode de fonctionnement est adapté pour faire un nombre de calculs simples extrêmement rapidement et sans erreur, mais pour décrire un état analogique v'là comment c'est pas adapté, y faut des tas d'approximations binaires pour seulement approcher une valeur analogique donnée
C'est approximatif mais comparer ne veut pas dire faire correspondre. C'est juste pour se donner une échelle de valeur et avoir une idée du potentiel faramineux du cerveau.
Maintenant effectivement l'ordinateur calcule à la vitesse de lumière des opérations qu'il enchaîne les unes après les autres, alors que le cerveau s'il n'est pas très rapide, compense en exécutant des opérations par millier de milliards simultanément. L'avantage du cerveau c'est que si une partie est détruite il peut qd même continuer à fonctionner (je songe à l'image d'un américain qui s'était pris une balle dans la tête, il lui manquait la moitié du cerveau, sur son crâne il y avait un cratère gros comme le poing, et bien le type pouvait vivre malgré cela, il parlait (presque) normalement), ce qui n'est pas le cas du processeur.
Maintenant effectivement l'ordinateur calcule à la vitesse de lumière des opérations qu'il enchaîne les unes après les autres, alors que le cerveau s'il n'est pas très rapide, compense en exécutant des opérations par millier de milliards simultanément. L'avantage du cerveau c'est que si une partie est détruite il peut qd même continuer à fonctionner (je songe à l'image d'un américain qui s'était pris une balle dans la tête, il lui manquait la moitié du cerveau, sur son crâne il y avait un cratère gros comme le poing, et bien le type pouvait vivre malgré cela, il parlait (presque) normalement), ce qui n'est pas le cas du processeur.
shengess a écritC'est approximatif mais comparer ne veut pas dire faire correspondre. C'est juste pour se donner une échelle de valeur et avoir une idée du potentiel faramineux du cerveau.
Maintenant effectivement l'ordinateur calcule à la vitesse de lumière des opérations qu'il enchaîne les unes après les autres, alors que le cerveau s'il n'est pas très rapide, compense en exécutant des opérations par millier de milliards simultanément. L'avantage du cerveau c'est que si une partie est détruite il peut qd même continuer à fonctionner (je songe à l'image d'un américain qui s'était pris une balle dans la tête, il lui manquait la moitié du cerveau, sur son crâne il y avait un cratère gros comme le poing, et bien le type pouvait vivre malgré cela, il parlait (presque) normalement), ce qui n'est pas le cas du processeur.
En même temps un processeur qui parle... Maintenant effectivement l'ordinateur calcule à la vitesse de lumière des opérations qu'il enchaîne les unes après les autres, alors que le cerveau s'il n'est pas très rapide, compense en exécutant des opérations par millier de milliards simultanément. L'avantage du cerveau c'est que si une partie est détruite il peut qd même continuer à fonctionner (je songe à l'image d'un américain qui s'était pris une balle dans la tête, il lui manquait la moitié du cerveau, sur son crâne il y avait un cratère gros comme le poing, et bien le type pouvait vivre malgré cela, il parlait (presque) normalement), ce qui n'est pas le cas du processeur.
Quand le corps humain fut créé, toutes les parties voulaient être chef.
Le cerveau disait : “ Puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le chef ”.
Les pieds disaient : “ Puisque nous transportons le corps là où il le désire et que nous permettons ainsi de faire ce que pense le cerveau nous devrions être chef ”.
Les mains disaient : “ Puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être chef ”.
Et ainsi de suite pour le coeur, les yeux, Ies oreilles et les poumons.
Enfin, le trou du cul se fit entendre et demanda à être choisi comme chef.
Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l'idée qu’un trou du cul puisse être chef.
Le trou du cul se mit en colère et refusa de fonctionner.
Bientôt, le cerveau devint fiévreux, les yeux, se vitrèrent, les pieds étaient trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force, et le coeur et les poumons luttaient pour survivre.
Alors tous supplièrent le cerveau de se laisser fléchir et de permettre au trou du cul d’être chef.
Le cerveau disait : “ Puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le chef ”.
Les pieds disaient : “ Puisque nous transportons le corps là où il le désire et que nous permettons ainsi de faire ce que pense le cerveau nous devrions être chef ”.
Les mains disaient : “ Puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être chef ”.
Et ainsi de suite pour le coeur, les yeux, Ies oreilles et les poumons.
Enfin, le trou du cul se fit entendre et demanda à être choisi comme chef.
Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l'idée qu’un trou du cul puisse être chef.
Le trou du cul se mit en colère et refusa de fonctionner.
Bientôt, le cerveau devint fiévreux, les yeux, se vitrèrent, les pieds étaient trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force, et le coeur et les poumons luttaient pour survivre.
Alors tous supplièrent le cerveau de se laisser fléchir et de permettre au trou du cul d’être chef.
finger a écritQuand le corps humain fut créé, toutes les parties voulaient être chef.
Le cerveau disait : “ Puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le chef ”.
Les pieds disaient : “ Puisque nous transportons le corps là où il le désire et que nous permettons ainsi de faire ce que pense le cerveau nous devrions être chef ”.
Les mains disaient : “ Puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être chef ”.
Et ainsi de suite pour le coeur, les yeux, Ies oreilles et les poumons.
Enfin, le trou du cul se fit entendre et demanda à être choisi comme chef.
Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l'idée qu’un trou du cul puisse être chef.
Le trou du cul se mit en colère et refusa de fonctionner.
Bientôt, le cerveau devint fiévreux, les yeux, se vitrèrent, les pieds étaient trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force, et le coeur et les poumons luttaient pour survivre.
Alors tous supplièrent le cerveau de se laisser fléchir et de permettre au trou du cul d’être chef.
Euh ouais enfin le coeur fait grève, ou le cerveau, tu crèves plus vite que si c'est le trou du cul qui fait grève hein Le cerveau disait : “ Puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le chef ”.
Les pieds disaient : “ Puisque nous transportons le corps là où il le désire et que nous permettons ainsi de faire ce que pense le cerveau nous devrions être chef ”.
Les mains disaient : “ Puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être chef ”.
Et ainsi de suite pour le coeur, les yeux, Ies oreilles et les poumons.
Enfin, le trou du cul se fit entendre et demanda à être choisi comme chef.
Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l'idée qu’un trou du cul puisse être chef.
Le trou du cul se mit en colère et refusa de fonctionner.
Bientôt, le cerveau devint fiévreux, les yeux, se vitrèrent, les pieds étaient trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force, et le coeur et les poumons luttaient pour survivre.
Alors tous supplièrent le cerveau de se laisser fléchir et de permettre au trou du cul d’être chef.
![[:aha] [:aha]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/12/45/aha.gif)
Un trou du cul spa vital du tout, des gens vivent sans trou du cul
Ceci dit, finger, tu as fait de la philosophie sans le savoir. Ta blague, pour faible qu'elle soit, touche à une question fondamentale : celle de l'unité de l'Homme.
Qu'est-ce qui fait de nous une entité unitaire ? Nous sommes terriblement multiples : notre corps tout entier n'est qu'un assemblage d'êtres vivants extrêmement variés et différents, et qui concourent tous au fonctionnement unitaire d'un être vivant plus grand : nous.
Pourquoi ces êtres travaillent-ils en collaboration ? Et qu'est-ce qui fait que j'ai l'impression d'être un moi unifié ?
Un truc que j'ai toujours trouvé dingue : qu'on considère "normal" que les globules rouges transportent l'oxygène sans faire chier leur monde, que les globules blancs butent les saloperies, etc.
Ben non, il faut réaliser tout ce que ça a d'extraordinaire, ce travail en collaboration massive ! Et quand cette collaboration cesse, c'est plutôt dramatique : cf. le cancer, prolifération de cellules qui se multiplient de façon anarchique !
Qu'est-ce qui fait de nous une entité unitaire ? Nous sommes terriblement multiples : notre corps tout entier n'est qu'un assemblage d'êtres vivants extrêmement variés et différents, et qui concourent tous au fonctionnement unitaire d'un être vivant plus grand : nous.
Pourquoi ces êtres travaillent-ils en collaboration ? Et qu'est-ce qui fait que j'ai l'impression d'être un moi unifié ?
Un truc que j'ai toujours trouvé dingue : qu'on considère "normal" que les globules rouges transportent l'oxygène sans faire chier leur monde, que les globules blancs butent les saloperies, etc.
Ben non, il faut réaliser tout ce que ça a d'extraordinaire, ce travail en collaboration massive ! Et quand cette collaboration cesse, c'est plutôt dramatique : cf. le cancer, prolifération de cellules qui se multiplient de façon anarchique !
El Awrence a écritM'enfin, même s'il y a des craintes à avoir, perso ça me fait plutôt super envie d'augmenter mes capacités en "fusionnant" avec une machine !!!
Et merde moi aussi ! Parler 20 langues ; mater sur l'écran noir de mes paupières un film en VO que j'aurais au préalable downloadé en 2 secondes dans ma tête ; me désactiver pendant 2 heures au lieu de me faire chier à attendre le train ; savoir faire des scoubidous d'une seule main.
shengess a écrit
Et merde moi aussi ! Parler 20 langues ; mater sur l'écran noir de mes paupières un film en VO que j'aurais au préalable downloadé en 2 secondes dans ma tête ; me désactiver pendant 2 heures au lieu de me faire chier à attendre le train ; savoir faire des scoubidous d'une seule main.![[:hihi] [:hihi]]()
Euh ouais, là faudra ptet améliorer ta main aussi Et merde moi aussi ! Parler 20 langues ; mater sur l'écran noir de mes paupières un film en VO que j'aurais au préalable downloadé en 2 secondes dans ma tête ; me désactiver pendant 2 heures au lieu de me faire chier à attendre le train ; savoir faire des scoubidous d'une seule main.
![[:hihi] [:hihi]](http://m.bestofmedia.com/sfp/design/usr/fr/smilies/e9/f5/hihi.gif)
El Awrence a écritCeci dit, finger, tu as fait de la philosophie sans le savoir. Ta blague, pour faible qu'elle soit, touche à une question fondamentale : celle de l'unité de l'Homme.
Qu'est-ce qui fait de nous une entité unitaire ? Nous sommes terriblement multiples : notre corps tout entier n'est qu'un assemblage d'êtres vivants extrêmement variés et différents, et qui concourent tous au fonctionnement unitaire d'un être vivant plus grand : nous.
Pourquoi ces êtres travaillent-ils en collaboration ? Et qu'est-ce qui fait que j'ai l'impression d'être un moi unifié ?
Un truc que j'ai toujours trouvé dingue : qu'on considère "normal" que les globules rouges transportent l'oxygène sans faire chier leur monde, que les globules blancs butent les saloperies, etc.
Ben non, il faut réaliser tout ce que ça a d'extraordinaire, ce travail en collaboration massive ! Et quand cette collaboration cesse, c'est plutôt dramatique : cf. le cancer, prolifération de cellules qui se multiplient de façon anarchique !
Qu'est-ce qui fait de nous une entité unitaire ? Nous sommes terriblement multiples : notre corps tout entier n'est qu'un assemblage d'êtres vivants extrêmement variés et différents, et qui concourent tous au fonctionnement unitaire d'un être vivant plus grand : nous.
Pourquoi ces êtres travaillent-ils en collaboration ? Et qu'est-ce qui fait que j'ai l'impression d'être un moi unifié ?
Un truc que j'ai toujours trouvé dingue : qu'on considère "normal" que les globules rouges transportent l'oxygène sans faire chier leur monde, que les globules blancs butent les saloperies, etc.
Ben non, il faut réaliser tout ce que ça a d'extraordinaire, ce travail en collaboration massive ! Et quand cette collaboration cesse, c'est plutôt dramatique : cf. le cancer, prolifération de cellules qui se multiplient de façon anarchique !
tu n'as pas compris le sens de la blague.
cherche encore
sigourney a écrit
Ta réflexion m'a suggéré l'idée épouvantable d'un couple homme/machine...
Arf rien à voir Ta réflexion m'a suggéré l'idée épouvantable d'un couple homme/machine...
Et puis bon, pourquoi "épouvantable" ? Si un jour l'IA devient suffisamment complexe, subtile et puissante, ne peut-on pas imaginer qu'une machine ait une "âme" ? (un "ghost", d'où le "ghost in the shell")
Cela désacraliserait-il trop la vie de considérer qu'une création humaine peut avoir une âme ? Ou ne serait-ce pas plutôt de la prétention de notre part, de nous considérer comme tellement exceptionnel que rien d'autre ne peut nous égaler ?
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