L’âpre joie d’être responsable par Jacques Cheminade
Dernière réponse : dans Le Bistrot
Après le « non » à l’oligarchie financière
L’âpre joie d’être responsable
JACQUES CHEMINADE
Le rejet par le peuple français du référendum-ultimatum européen marque un coup d’arrêt à trente-cinq ans de dérive ultra-libérale et de promotion du chômage. Nous avons reçu le mandat de redonner vie à l’Europe pour faire face au défi de la crise mondiale. C’est une affaire de responsables politiques et de citoyens. C’est notre responsabilité.
En traçant un horizon, nous pourrons mobiliser les peuples. Les circonstances internationales s’y prêtent.
Aux Etats-Unis, entre les 21 et 23 mai, les sénateurs démocrates et des républicains légalistes ont mis en échec un coup d’Etat du président Bush, du vice-président Cheney et de Karl Rove, qui visait à imposer une dictature présidentielle. Les impérialistes et les néo-conservateurs en sortent affaiblis. Le courant Roosevelt, animé par Lyndon LaRouche, s’en trouve renforcé. Les projets de guerre nucléaire préventive, à l’extérieur, et d’imposer des juges fascistes, à l’intérieur, sont pour l’instant arrêtés. Il reste là-bas, comme ici, à donner un contenu positif à la Résistance.
Dans le monde, à l’échéance de juin, la crise des fonds spéculatifs et de l’immobilier manifestera sans qu’on puisse se leurrer la crise du système monétaire. C’est l’occasion d’un sursaut. C’est l’occasion de refonder l’Europe sur la base d’un grand dessein et non à partir d’arrangements de diplomates ou de bureaucrates. Nous proposons :
1. d’établir un programme de recherche et d’investissements lourds, susceptible de créer 20 millions d’emplois qualifiés en mobilisant 10 % de notre produit intérieur brut ;
2. de créer les conditions de son financement qui doit, par-delà l’impôt et l’emprunt, mobiliser un crédit productif public dont il faut rétablir la possibilité d’émission par un système de banques nationales responsables devant les citoyens ;
3. de construire l’Europe des patries et des peuples, par une politique de Pont terrestre eurasiatique, intégrant l’Irak et la Chine, avec la Turquie et la Russie pour trait d’union.
Penser à faire voter une nouvelle fois la France, à faire entrer en vigueur la Constitution dans les seuls pays l’ayant ratifiée ou à renégocier le texte rejeté, seraient autant d’injures faites au suffrage universel.
Relisons Le Fil de l’épée et La République moderne, Leibniz et Carnot, Friedrich List et le texte du traité de Westphalie. L’Europe a besoin de repères et d’enthousiasme, d’un mouvement qui change les conditions de la lutte à l’échelle mondiale, d’un pari sur l’avenir et non de bricolages institutionnels.
Mutation
Que faire après le « non » ? Nous répondons à cette question à la une. Ici, je voudrais aborder deux points fondamentaux concernant le « comment faire ? »
Le premier est : avec qui ? Pour répondre, il faut d’abord voir que nous assistons à un réalignement spectaculaire des forces politiques. Sur la base d’une autre politique, dont nous avons à plusieurs reprises défini ici les grandes lignes – Pont terrestre eurasiatique, nouveau Bretton Woods, plan recherche digne de ce nom, rétablissement de l’université et de l’hôpital, retour à une économie productive – une coalition de forces vives anti-féodales et anti-technocratiques peut se rassembler . Elle a pour base potentielle les ouvriers, les salariés, les agriculteurs, les artisans, les entrepreneurs des PME-PMI, les sympathisants communistes et socialistes, les pro-européens opposés à l’oligarchie financière et les souverainistes anti-chauvins. Elle a pour alliés ceux qui, en Russie, en Asie du Sud-Ouest et du Sud-Est, en Afrique et aux Etats-Unis, veulent rétablir la priorité du travail et de la production.
Le second point est : avec quelles chances de succès ? Elles sont grandes si nous faisons comprendre aux Françaises et au Français ce qui se passe aux Etats-Unis et l’ampleur de la crise qui s’abat sur tout le système financier et monétaire international. Les fonds spéculatifs sont frappés de plein fouet depuis que les titres émis par General Motors et Ford ont été classés « obligations pourries ». Certains sont au bord de la faillite. Or le système bancaire prête de l’argent à ces fonds et effectue avec eux des opérations de marché : le risque de contamination est immédiat. Il en est de même avec les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs…) qui leur ont confié des fonds importants. En même temps, la pyramide de crédit hypothécaire américaine et anglaise risque de s’effondrer, entraînant avec elle tout le marché immobilier et, en conséquence, la capacité de consommer de ceux qui se sont endettés.
Il y a donc une occasion, au moment du choc qui va inéluctablement se produire, de rallier une majorité à la nécessité du changement. Nous ferons tout pour l’inspirer, en montrant comment peuvent être mobilisés les atouts humains, technologiques et scientifiques des économies française et européenne.
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_accueil.php3
L’âpre joie d’être responsable
JACQUES CHEMINADE
Le rejet par le peuple français du référendum-ultimatum européen marque un coup d’arrêt à trente-cinq ans de dérive ultra-libérale et de promotion du chômage. Nous avons reçu le mandat de redonner vie à l’Europe pour faire face au défi de la crise mondiale. C’est une affaire de responsables politiques et de citoyens. C’est notre responsabilité.
En traçant un horizon, nous pourrons mobiliser les peuples. Les circonstances internationales s’y prêtent.
Aux Etats-Unis, entre les 21 et 23 mai, les sénateurs démocrates et des républicains légalistes ont mis en échec un coup d’Etat du président Bush, du vice-président Cheney et de Karl Rove, qui visait à imposer une dictature présidentielle. Les impérialistes et les néo-conservateurs en sortent affaiblis. Le courant Roosevelt, animé par Lyndon LaRouche, s’en trouve renforcé. Les projets de guerre nucléaire préventive, à l’extérieur, et d’imposer des juges fascistes, à l’intérieur, sont pour l’instant arrêtés. Il reste là-bas, comme ici, à donner un contenu positif à la Résistance.
Dans le monde, à l’échéance de juin, la crise des fonds spéculatifs et de l’immobilier manifestera sans qu’on puisse se leurrer la crise du système monétaire. C’est l’occasion d’un sursaut. C’est l’occasion de refonder l’Europe sur la base d’un grand dessein et non à partir d’arrangements de diplomates ou de bureaucrates. Nous proposons :
1. d’établir un programme de recherche et d’investissements lourds, susceptible de créer 20 millions d’emplois qualifiés en mobilisant 10 % de notre produit intérieur brut ;
2. de créer les conditions de son financement qui doit, par-delà l’impôt et l’emprunt, mobiliser un crédit productif public dont il faut rétablir la possibilité d’émission par un système de banques nationales responsables devant les citoyens ;
3. de construire l’Europe des patries et des peuples, par une politique de Pont terrestre eurasiatique, intégrant l’Irak et la Chine, avec la Turquie et la Russie pour trait d’union.
Penser à faire voter une nouvelle fois la France, à faire entrer en vigueur la Constitution dans les seuls pays l’ayant ratifiée ou à renégocier le texte rejeté, seraient autant d’injures faites au suffrage universel.
Relisons Le Fil de l’épée et La République moderne, Leibniz et Carnot, Friedrich List et le texte du traité de Westphalie. L’Europe a besoin de repères et d’enthousiasme, d’un mouvement qui change les conditions de la lutte à l’échelle mondiale, d’un pari sur l’avenir et non de bricolages institutionnels.
Mutation
Que faire après le « non » ? Nous répondons à cette question à la une. Ici, je voudrais aborder deux points fondamentaux concernant le « comment faire ? »
Le premier est : avec qui ? Pour répondre, il faut d’abord voir que nous assistons à un réalignement spectaculaire des forces politiques. Sur la base d’une autre politique, dont nous avons à plusieurs reprises défini ici les grandes lignes – Pont terrestre eurasiatique, nouveau Bretton Woods, plan recherche digne de ce nom, rétablissement de l’université et de l’hôpital, retour à une économie productive – une coalition de forces vives anti-féodales et anti-technocratiques peut se rassembler . Elle a pour base potentielle les ouvriers, les salariés, les agriculteurs, les artisans, les entrepreneurs des PME-PMI, les sympathisants communistes et socialistes, les pro-européens opposés à l’oligarchie financière et les souverainistes anti-chauvins. Elle a pour alliés ceux qui, en Russie, en Asie du Sud-Ouest et du Sud-Est, en Afrique et aux Etats-Unis, veulent rétablir la priorité du travail et de la production.
Le second point est : avec quelles chances de succès ? Elles sont grandes si nous faisons comprendre aux Françaises et au Français ce qui se passe aux Etats-Unis et l’ampleur de la crise qui s’abat sur tout le système financier et monétaire international. Les fonds spéculatifs sont frappés de plein fouet depuis que les titres émis par General Motors et Ford ont été classés « obligations pourries ». Certains sont au bord de la faillite. Or le système bancaire prête de l’argent à ces fonds et effectue avec eux des opérations de marché : le risque de contamination est immédiat. Il en est de même avec les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs…) qui leur ont confié des fonds importants. En même temps, la pyramide de crédit hypothécaire américaine et anglaise risque de s’effondrer, entraînant avec elle tout le marché immobilier et, en conséquence, la capacité de consommer de ceux qui se sont endettés.
Il y a donc une occasion, au moment du choc qui va inéluctablement se produire, de rallier une majorité à la nécessité du changement. Nous ferons tout pour l’inspirer, en montrant comment peuvent être mobilisés les atouts humains, technologiques et scientifiques des économies française et européenne.
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_accueil.php3
Autres pages sur : apre joie responsable jacques cheminade
- Contenus similaires :