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[Mailing hebdo] 04 février 2008 - Informatique, concurrence et...

Dernière réponse : dans Le Bistrot

L’histoire de l’informatique a depuis toujours été parsemée de rachats, de fusion ou encore de scission d’entreprises, et ce n’est pas l’actualité de la semaine passée qui viendra nous contredire. L’économie mondiale va selon les analystes financiers plutôt mal, on nous parle de récession ou encore de crise de subprime, mais cela n’empêche pourtant pas les rumeurs et intentions de rachats de faire régulièrement surface : IBM serait intéressé par AMD, Alice fait tourner la tête à Numéricable, nVidia aimerait bien se payer Via et une banque d’investissement pourrait bientôt racheter Transmetta. Sans oublier bien entendu Microsoft qui serait prêt à se délester de quelques 44,6 milliards de dollars pour acquérir son concurrent Yahoo. Mais cette réduction du nombre d’acteurs majeurs sur le marché informatique international est-il en réalité une bonne ou une mauvaise chose ? La concurrence n’est-elle pas à la fois le moteur de l’innovation technologique et le garde-fou permettant d’attribuer un juste prix aux services et produits ? Les fusions permettent justement aux firmes d’accroître leur pouvoir sur le marché, forcement au détriment du consommateur. On comprend donc mieux pourquoi ces entreprises sont prêtes à s’engager sur de telles voies, malgré les risques d'échecs. Car les exemples de fusions ratées ne manquent pas…

Cet édito est extrait de la newsletter hebdo de Presence PC (cliquez ici pour la visualiser).
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    En même temps la concentration des entreprises n'est pas un phénomène nouveau et le milieu de l'informatique est tout de même très spécifique au titre que les clients sont volatiles. Contrairement aux industries comme le pétrole ou le textile un client lambda peut tout à fait se porter d'un produit sur un autre sans aucun signe extérieur de ce choix. Regardons la différence: tu as une voiture, tu n'as pas le choix ou presque concernant le carburant, alors que dans l'info les produits "free", les différentes applications exploitables sur le même créneau rendent difficiles toute estimation de la fidélité des acheteurs. Je songe non seulement à la partie software que hardware: côté soft on peut citer norton qui a pris une claque sévère lors de la baisse de fiabilité / qualité de son antivirus, côté hard les différents "leaders" de l'info grand public des 80/90's comme Commodore ou Atari qui se sont littéralement effondrés lors de la percée des PC.
    Songeons également aux consoles: l'insuccès ou la réussite d'un produit n'a pas dépendu de la fidélité des joueurs mais avant tout de la disponibilité de grands hits sachant porter à bout de bras une machine. Citons le relatif échec du gamecube de Nintendo, la fin de Sega avec sa dreamcast, ou le démarrage délicat de la PS2.

    Que le client soit floué par les concentrations? Certes il est évident qu'un marché captif n'est pas un marché novateur, mais c'est étrangement bien moins vrai qu'on le soupçonne: MS et Apple innovent (si si!) et ce sous la pression constante des produits comme Linux qui savent offrir une alternative peu chère voire gratuite. On sait tous que Linux n'est pas un environnement si user friendly qu'on le voudrait (même si ça progresse très bien), mais toujours est-il que Ms notamment se sent obligé d'avancer coûte que coûte. Vista puis à sa suite le prochain (?) Seven (prévu aux alentours de 2010/2011) symbolise bien ce besoin d'évolution.

    Je suis globalement d'accord sur l'analyse du risque inhérent aux fusions/acquisitions, il y a des coûts annexes non négligeables ainsi que des problématiques de doublons structurels. Des équipes faisant le même boulot... pourquoi les garder en redondance? De plus, si les marchés sont trop similaires, il y a souvent le risque de ne pas gagner de parts supplémentaires et même d'en perdre du fait que des contrats ne sont pas toujours renouvelés. C'est la loi de la chose, Free étant par exemple le franc tireur qui risque sa peau du fait de son évolution... que proposent ils de si novateur? En ce moment le tout est déjà globalement fait et innover devient de plus en plus délicat. Qui plus est, vivre sur des dettes n'est jamais bon signe quant bien même cela permet d'être un leader visible.

    Au final, posons nous la question de qui craint le yahoo/ms : Google. Son offre est leader sur le moteur de recherche et sur certains produits annexes inexistants ailleurs. Par contre, concernant la messagerie instantanée ils sont à la ramasse face au réseau Live qui supporte aussi bien les comptes MSN que les comptes yahoo. De ce fait, Google s'inquiète de voir les parts de msn search et de yahoo se cumuler, et empiéter en plus sur sa chasse gardée. Envisageons également la puissance financière de Ms pour créer de véritables labos pour produits free venant directement tailler des croupières à Google.