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Sodomie/Pornographie et Vous : Votre opinion, votre expérience.

Dernière réponse : dans Le Bistrot

Bien des pratiques peuvent être qualifiées d’obscènes (ce qui n'a pas forcement un caractère péjoratif bien au contraire), mais pourtant pas de pornographiques : il est assez bizarre de parler de « sodomie pornographique », en croyant ajouter par là quelque chose à la sodomie elle-même, tandis qu’il est parfaitement acceptable de parler d’une description pornographique de la sodomie, qui en aggrave ou qui en radicalise le scandale supposé.

En revanche, en qualifiant la sodomie « d’obscène », on élève une prétention à mettre en avant un de ses traits objectifs méconnu, dénié, etc. (peu importe que la prétention soit fondée ou pas, elle fait sens). S’il va de soi que la sodomie est obscène, tandis qu’il est bizarre de dire que la sodomie est pornographique, c’est parce que l’obscène va de la chose représentée à sa représentation. Elle la rend obscène par émanation. Le pornographique, à la différence de l’obscène, se cantonne à la représentation : il n’y a pas de représentation pornographique de ce qui est déjà obscène ; c’est obscène, point ; voilà pourquoi on ne dit pas « sodomie pornographique ».

Mais ce qui n’est pas exclu, en revanche, c’est que certaines façons pornographiques standardisées de figurer des objets en soi innocents (i.e. non-sexuels) les imprègnent d’obscénité par une sorte de contamination. Or ce sera plutôt alors des images-signes obscènes, pas vraiment des choses objectivement obscènes : je pense à certaines cartes postales belges où divers lamellibranches comestibles sont accompagnés d’une préparation de pomme de terre bien connue, le tout luisant et suggestifs à souhait, et autres cas similaires.

En tout cas, pour généraliser, si une réalité quelconque est obscène, sa représentation est ipso facto pornographique et on ne mentionnera donc pas qu’elle l’est. Or, et je franchis une étape, ceci fait penser que la pornographie n’est justement pas réductible à la « simple peinture » [19] de l’obscène tel qu’il est. Car si l’on éprouve dans certains cas le besoin légitime de dire d’une représentation qu’elle est pornographique, c’est sans doute qu’il y a un peu plus ou un peu autre chose en cause que l’obscénité de son objet. Normalement, cette dernière devrait suffire. Que se passe-t-il quand elle ne suffit pas ? Quand la représentation est épinglée pour soi-même ? On craint plutôt, je crois, alors, une dangereuse et nouvelle extension du domaine de l’obscène, ou son invasion là où elle devrait être exclue, bref, en un mot, que la pornographie rende obscène ce qui ne l’était pas forcément en soi. La nuance, ici, est logique ; de ce qu’une réalité est obscène, sa représentation est ipso facto pornographique, mais de ce qu’une représentation soit pornographique, il ne suit pas ipso facto que ce qu’elle représente soit objectivement obscène. L’exhibition des pudenda dans un documentaire médical, pour reprendre Ogien, n’est pas pornographique, parce que de façon normative (en fonction de l’institution où le spectacle se déroule et de ses visées implicites), l’objet représenté n’est pas obscène. Il est sexuel, c’est tout.

Mais imaginez les mêmes images dans la presse de caniveau, sans paraphernalia scientifiques. Alors c’est ce qui ne doit pas être exhibé qu’il est, et c’est pornographique parce que c’est une obscénité. Certes, mais pas uniquement : l’obscénité est aussi constituée par l’usage impropre du matériel éducatif. La pornographie consiste, en l’espèce, en un détournement représentatif. Et un tel détournement excède la contamination sémiologique qui frappe des objets innocents, dont je parlais plus haut, qui n’arrive pas au « pornographique », mais en reste au « grivois » (genre humour des Flandres, espèce moules-frites ou bien Dans ton Cul "DTC"). En même temps, il est vain de chercher dans les choses figurées je ne sais quelle altération objective qui les aurait rendues soudain obscènes.

Ce sont toujours les mêmes, des choses sexuelles (la grivoiserie implique qu’on voit des choses non-sexuelles comme sexuelles, la représentation pornographique se greffant sur une allusion réussie, dans un second temps). Cette constance de l’objet est importante. On doit d’ailleurs toujours pouvoir redécrire et excuser les représentations pornographiques comme des tableaux factuels, sinon « naturalistes », de ce qui existe dans la vie sexuelle humaine (avec, à la limite, une vertu pédagogique !) ; cette ambiguïté est essentielle.

Le problème-limite, tel qu’il émerge en confrontant le pornographique, l’obscène et le grivois est, donc dans le détournement représentatif des choses sexuelles (l’art contemporain l’illustre à profusion), non dans la simple peinture de l’obscène. Si l’on pouvait réduire la pornographie à la peinture de l’obscène, et faire la liste des réalités obscènes en interdisant leur représentation sous quelque forme que ce soit, le problème-limite serait résolu. Mais combien de mots latins et de statistiques faut-il inclure dans la légende des reproductions de pudenda pour les innocenter de leur signification pornographique ?

Et suffit-il d’accrocher dans un musée les photographies de Robert Mapplethorpe pour qu’elles reçoivent le statut d’explorations esthétiques audacieuses de la nature humaine « telle qu’elle est » ? Plus précisément, à compter de quelle quantité de qualités esthétiques, si l’on peut dire, y a–t-il transfiguration normative de l’obscène et de la sodomie, ou du moins, suspension, dans la représentation, de sa forme pornographique ?

Au sein de ce décalage esthétique et en parallèlle il est assez surprenant de constater, aujourd'hui les oppositions qu'engendre ce type de pratique. La libération de la femme et des homosexuels ont maintenu une certaine barrière entre le plaisir de l'acte et le caractère pseudo dominant de l'acte en lui même dans la majorité des esprits. C'est oublier que celui qui est dominant peut être le dominé et qu'ainsi l'élément identitaire perd son signifiant.

Ceci sans occulter la dimension plaisante de l'acte en question. Souvent il fut assimilé dans de nombreuses civilisation à une forme de domination voir de dégradation d'autrui alors que dans d'autres et à certaines époques il fut considéré comme une pratique libertine tout à fait anodine. Quid du caractère naturel? Quid du rôle et de l'identité sexuelle?

Quid du vocabulaire et de l'influence inconsciente des mythes ? "Pénétration anale" ne vaut-il pas mieux que "sodomie" (cf. Sodome et Gomorhe)

Pour moi c'est une pratique tout à fait naturelle, détournée par la pornographie, bien que non partagée par un certain nombre de nos concitoyens (ce qui ne veut pas dire que j'apprécie de la pratiquer, étant hétéro je préfère largement prodiguer d'autres formes de plaisir, je parle simplement de son caractère naturel). Et vous ? Qu'en pensez-vous? Pratiquez vous personnellement.

Cf. un certain nombre de quotes qui font sourire :D  et illustrent les divers points abordés dans ce texte:

http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_933.html
http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_941.html
http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_973.html
http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_956.html
http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_654.html
http://www.forum-sexualite.com/forum/viewtopic_275.html

J'ai horreur de la sodomie...

Par contre j'adore tout le reste (zoophilie, scatologie, sadomasochisme, fetichisme, gerontophilie, necrophilie etc...)

Stétun troll bien evidemment...

Mais j'aime pas la sodomie... et alors si c'est moi le passif encore moins :lol: 
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