GAZON, subst. masc. A. Herbe très courte et très fine. Gazon anglais, épais, fin; tondre le gazon.
1. [En parlant d'un paysage naturel] Butte, colline, rive, talus de gazon. Des arbres malades et malsains y ombragent de petites prairies tapissées d'un gazon dru comme celui d'un cimetière (HUGO, Rhin, 1842, p. 169). Une terre froide, humide, tourbeuse, sombre, mais couverte d'un gazon court, vert comme l'émeraude (GOBINEAU, Pléiades, 1874, p. 226). J'avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l'abîme sous le vent salé du large (MAUPASS, Contes et nouv., t. 2, Miss Harriet, 1883, p. 863).
2. [En parlant d'une surface cultivée] Un banc, un carré de gazon; une allée, une bande, une plate-bande de gazon. Un jeune paysan s'était élancé dans l'appartement, l'avait prise dans ses bras, et, avec une force et une adresse surhumaines, l'avait transportée sur le gazon de la pelouse, où elle s'était évanouie (DUMAS père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 452). Ses jardiniers ratissaient les allées du parc, arrosaient le gazon des pelouses (SANDEAU, Sacs, 1851, p. 8). Une odeur de gazon écrasé traîne sur la pelouse, non fauchée, épaisse, que les jeux, comme une lourde grêle, ont versée en tous sens (COLETTE, Mais. Cl., 1922, p. 33).
Une pelouse de gazon. Au lieu de pavés à moitié cachés par l'herbe, s'étendait une pelouse de gazon, dont les plaques avaient été posées le matin même (DUMAS père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 44). Une petite pelouse de merveilleux gazon anglais (MORAND, Londres, 1933, p. 130).
En partic. (Motte de) gazon. Motte de terre carrée couverte de gazon que l'on découpe à la pelle, soit pour faire des pelouses artificielles, soit pour construire des cabanes, des digues, des rives, etc. Il faut porter là des gazons (Ac.); tailler des mottes de gazon. Je me souviens qu'il apportait sans cesse de la terre et du gazon dans des brouettes (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 227). C'est dans le talus d'un ravin qu'ils ont creusé leurs cavernes. Ils les ont fermées par des murs en mottes de gazon (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 21) :
1. La couverture typique d'un toit norvégien était donc la motte de gazon où la flore locale se développait librement et où venaient brouter les moutons.
LOWIE, Anthropol. cult., 1936, p. 105.
Lever, tirer des gazons. Je flâne sous des arbres rabougris de vergers, où des hommes lèvent des carrés de gazon, qu'ils chargent sur des charrettes (GONCOURT, Journal, 1870, p. 667). Lui apportant les mottes de gazon levées à la pelle dans le fossé (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p. 71).
3. Au fig., fam., vieilli. Cheveux. Et celui qui est là sur notre gauche, avec son gazon sur l'oreille (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 280). C'était un vieux garçon surmonté d'un gazon jaunâtre (SAND, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 417).
B. P. méton. Surface couverte d'herbe courte et fine. Synon. pelouse. Les enfants piétinent les gazons, cassent les branches des arbres (GIDE, Journal, 1942, p. 113) :
2. J'étais si surpris, si ému, que j'ai traversé la pelouse pour gagner l'avenue ce joli gazon anglais auquel M. le comte tient tant, et qui doit garder maintenant la trace de mes gros souliers.
BERNANOS, Journal curé camp., 1936, p. 1110.
PELOUSE, subst. fém. A. 1. Terrain couvert de gazon servant généralement à agrémenter un parc, un jardin public ou privé. Synon. gazon (v. ce mot B). Pelouse ensoleillée, onduleuse, vallonnée; pelouse centrale; pelouse circulaire, rectangulaire; pelouse interdite; belle, grande pelouse; pelouse en terrasse; pelouse ornée de corbeilles, de massifs de fleurs; pelouses de jardin public; jouer, se promener sur la pelouse. Je vois encore d'ici cet ancien jardin du Palais-Royal, planté sur les dessins du sieur Desgots, neveu du célèbre Le Nôtre; ces deux pelouses symétriques bordées d'arbres en boule (JOUY, Hermite, t.2, 1812, p.231). Ils allèrent jusqu'à l'extrémité du parc, dans le jardin potager, que séparait des pelouses un rideau de grands arbres (ROLLAND, J.-Chr., Amies, 1910, p.1121). Une allée de gravier conduisait vers une maison blanche; devant, il y avait une pelouse qui descendait en pente douce vers un étang (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p.516).
2. P. méton. L'herbe épaisse et courte qui couvre ce terrain. Arroser une pelouse; rouler la pelouse. Les pelouses avaient crû en prairies (LOUYS, Aphrodite, 1896, p.69). Je regarde, par la fenêtre, la pelouse qui verdoie sous les beaux vieux arbres du jardin de la clinique (BOURGET, Sens mort, 1915, p.314):
1. D'autres fois, il s'apaisait dans son cher jardinage. Jardinage simple, sorte de bricolage horticole, qui consistait à arracher les mauvaises herbes, tailler les arbrisseaux, tondre la pelouse, tailler le buis.
MONTHERL., Célibataires, 1934, p.827.
3. SPORTS
a) HIPP. Enceinte gazonnée d'un champ de courses située entre les pistes et accessible au public pour un prix d'entrée inférieur à celui du pesage. La pelouse d'Auteuil. La pelouse, toute grouillante d'une foule haussée sur les pieds (...), avec les chevaux qui hennissaient, les toiles des tentes qui claquaient, les cavaliers qui lançaient leurs bêtes (ZOLA, Nana, 1880, p.1398). De longs chevaux de course rentrant à l'écurie par la pelouse (FAURE, Hist. art, 1921, p.202). Sur l'hippodrome il y a les gens de la pelouse et ceux du pesage (Jeux et sports, 1967, p.473).
P. métaph. Un cheval de course entraîné tous les matins (...) est une bien belle chose (...) ne croyez pas, mon cher Coste, que je me place à ce haut rang. Je n'ai ni box verni, ni de lad qui m'étrille l'entendement, sur la pelouse psychologique, je ne trotte de syllogismes ni ne galope d'analogies (VALÉRY, Lettres à qq.-uns, 1945, p.108).
b) Terrain gazonné sur lequel se pratiquent différents sports (football, rugby, golf, etc.). Pelouse en bon, en mauvais état; faire son entrée sur la pelouse; envahir la pelouse. Si les pionniers du football remontèrent à 1876 pour évoquer les rencontres entre Anglais habitant Paris et étudiants français revenus d'Outre-Manche, sur la pelouse de Madrid, ces confrontations restèrent sans lendemain (J. MERCIER, Football, 1966, p.14):
2. Les joueurs [de polo], pour arriver au meilleur de leur forme, doivent pratiquer un entraînement important, si possible quotidien; mais cela ne va pas sans problème, car les obligations professionnelles, le temps, la saison, viennent souvent contrecarrer les meilleures résolutions. Les pelouses sont interdites pendant l'hiver jusqu'au mois de mai, dans nos climats...
Jeux et sports, 1967, p.1613.
B. BIOGÉOGR. Formation végétale herbacée, basse et fermée, essentiellement constituée de graminées associées à quelques légumineuses et à quelques plantes à rhizomes que l'on rencontre en particulier dans les zones de pâturages en montagne (d'apr. Lar. agric. 1981). Enfin, un peu avant Punta Arenas, les derniers cratères se comblent. Une pelouse unie épouse les courbes des volcans: ils ne sont plus désormais que douceur (SAINT-EXUP., Terre hommes, 1939, p.172):
3. Nous sommes dans l'étage alpin, compris entre la limite inférieure des neiges persistantes et la limite supérieure de la forêt subalpine. Le climat est déterminant dans la nature des associations (...). L'association végétale la plus normale est la pelouse alpine.
WOLKOWITSCH, Élev., 1966, p.99.
Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Ca 1582 «terrain couvert de gazon» (MARGUERITE DE VALOIS, Mém., p.15 ds QUEM. DDL t.12); 2. 1880 «partie des champs de course autour de laquelle sont tracées les pistes» (ZOLA, loc. cit.). Forme dial., prob. empr. au prov. pelouso, fém. subst. de l'adj. pelous, a. fr. peleus «garni de poils» (ca 1256, ALDEBRANDIN DE SIENNE, Rég. du corps, 150, 26 ds T.-L.; Povrepeleux, nom d'un cheval, est att. vers 1150 dans le Roman de Thèbes (éd. G. Raynaud de Lage, 6295), lui-même issu du lat. pilosus (dér. de pilus «poil») d'où aussi a. fr. peleuz subst. «terre en friche» (ca 1223, G. DE COINCI, Miracles N.D., éd. V. F. Koenig, II Chast 10, 568). V. BL.-W.5, Trav. Ling. Litt. Strasbourg t.13 no 1 1975, p.95). Fréq. abs. littér.: 883. Fréq. rel. littér.: XIXes.: a) 936, b) 1159; XXes.: a) 1562, b) 1395.
DÉR. Pelousard, subst. masc., sports (hipp.). Habitué de la pelouse des champs de courses. La vénération presque sectaire que les amateurs de vélo ont pour les champions du Vel' d'hiv' ou du tour de France (...), les pelousards pour les jockeys, les maires de campagne pour le député du patelin qui devient ministre (FARGUE, Piéton Paris, 1939, p.95). Sur les hippodromes (...), les pelousards (Comment parlent les sportifs ds Vie Lang. 1954, p.176). []. 1re attest. 1903 (d'apr. ESN.); de pelouse (sens 2), suff. -ard*.
BBG. DARM. Vie 1932, p.57. QUEM. DDL t.12.
Le gazon est une herbe qu'on utilise pour faire une pelouse, tout simplement !!
Message édité par Anonyme le 25-04-2004 à 20:44:01
herbe [εʀb]
herbe nom commun - féminin ( herbes )
1. botanique tapis végétal herbacé plus ou moins fourni et plus ou moins haut
couper l'herbe
2. botanique plante herbacée commune à tige non ligneuse, résistante et assez envahissante
un brin d'herbe
3. cuisine plante herbacée au parfum très agréable et à usage culinaire
herbes aromatiques • fines herbes • ciseler les herbes dans le saladier
4. plante hallucinogène, généralement du cannabis (familier)
fumer de l'herbe
gazon [gaz]
gazon nom commun - masculin ( gazons )
1. herbe courte et très fine qui couvre une parcelle de terre
une pelouse de gazon
2. terrain recouvert d'herbe
il est interdit de s'allonger sur le gazon • les visiteurs indisciplinés du château piétinent parfois le gazon • installer des tuyaux d'arrosage sur un gazon • un gazon couvert de pâquerettes • le tennis sur gazon
3. plaque de terre recouverte d'herbe
changer le gazon d'un terrain de football par endroits