Microsoft menace d'offrir un sous-Windows aux Européens
BRUXELLES (Reuters) - Microsoft a prévenu qu'il serait forcé de proposer aux consommateurs européens une version de moindre qualité de son système d'exploitation Windows si l'Union européenne lui demandait de réécrire son logiciel.
Le leader mondial du logiciel a donné cet avertissement aux régulateurs de la Commission européenne à l'occasion d'une réunion à huis clos de trois jours entre Microsoft et les représentants européens de la concurrence qui accusent le groupe américain d'abus de position dominante.
La Commission européenne a proposé à Microsoft de retirer son lecteur multimédia de Windows et d'acquitter une lourde amende en compensation des coûts que son abus de position dominante entraîne chez ses concurrents, qui sont parfois conduits à la faillite.
A la fin de la présentation de Microsoft, le directeur juridique de Microsoft, Brad Smith, a déclaré à la presse qu'il espérait parvenir à un accord.
"Nous sommes venus à Bruxelles non seulement pour discuter du sujet, mais aussi pour résoudre les choses", a déclaré Brad Smith à la presse.
Le groupe américain, a-t-il ajouté, "examinera tous les moyens possibles de parvenir à des solutions aux questions et préoccupations" que la Commission européenne pourrait avoir.
La Commission souhaite que les fabricants d'ordinateurs puissent choisir d'installer un logiciel multimédia de leur choix.
La Commission a souligné que l'utilisation de Windows Media Player a bondi depuis que Microsoft en a intégré une version améliorée dans Windows en 1999, ce qui lui a permis une meilleure progression que le logiciel RealPlayer de son concurrent RealNetworks, a estimé la Commission.
Bruxelles, sur la foi d'une étude menée auprès des entreprises avec qui Microsoft traite, a estimé qu'une fois que le géant de Redmond aura été en mesure d'installer son Media Player sur tous les ordinateurs, les entreprises ne chercheront plus à acquérir des versions permettant de lire de fichiers multimédia de formats concurrent, en particulier Quicktime d'Apple ou RealPlayer.
Microsoft a rejeté ces conclusions les qualifiant d'anecdotique et de statistiquement incorrecte, ajoutant que les entreprises auraient toujours suffisamment d'argent pour accéder à d'autres formats de fichiers.