Précautions à prendre
Clore
ces quelques lignes à ce niveau me paraîtrait malhonnête
: il subsiste deux points qui me paraissent très importants,
et sur lesquels j’aimerai revenir. Sachez en effet que cet
article aurait sans problème pu s’appeler « Comment
j’ai grillé mon alimentation » dans la mesure
ou c’est effectivement en réalisant cette modification
que mon alimentation (300 W standard) à lâchée.
Après le boot sous Windows, la malheureuse n’a en effet
pas supportée plus de 2 minutes de CPU Burner. L’avertissement
est donc clair : à moins de posséder un gros modèle
(je conseillerai au moins 400 W en prêtant attention aux ampérages
maximum supportés sur le 5 V), il serait suicidaire de pousser
ainsi cette tension.
Prenons également deux secondes pour envisager la question
du dégagement calorifique ; pour rappel, et selon la désormais
célèbre formule de Matrix, la dissipation thermique
d’un processeur nous est donnée par le calcul suivant
:
Dissipation thermique = Fréquence réelle * (Tension
du processeur)² * constante
La dissipation thermique s’exprime en Watt, la fréquence
en Mégahertz, la tension en Volt, et l’on ne donne
aucune unité à la constante.
Les constantes sont propres à chaque processeur, et calculables
à partir des datasheets des constructeurs.
Notez bien l’importance de la valeur de la tension dans cette
formule, puisque celle-ci est portée au carré avant
d’être multipliée par la fréquence et
par la constante : ce point est réellement important.
Ainsi, en reprenant mon Athlon XP 1800 + (« Palomino »)
de test, sa dissipation nous est donnée, en reprenant la
valeur de sa constante :
D = 1533 * 1,75² * 0,01405806941 = 66 W à 1,75
V
En revanche, à 2,25 V nous obtenons :
D = 1533 * 2,25² * 0,01405806941 = 109 W
Or, l’unique avantage que peut procurer l’augmentation
de cette tension consiste en l’augmentation de la fréquence
du processeur. En prenant un overclocking à 1800 Mhz (peu
élevé en comparaison de cette tension), nous obtenons
enfin :
D = 1800 * 2,25² * 0,01405806941 = 128 W (!)
Autant dire qu’avec une dissipation de cet ordre, sans une
méthode de refroidissement agressive (watercooling au minimum),
votre processeur ne tiendra pas longtemps le rythme imposé.
J’aimerai enfin faire remarquer que les processeurs AMD semblent
assez résistants aux tensions élevées, puisque
qu’AMD recommande justement de ne pas dépasser 2,25
V pour les Athlon « Palomino » (2,15 V pour les «
Thoroughbred »), soit 0,5 V de plus que la tension de base,
contre 0,25 V de plus pour les Pentium 4. Attention, il ne s’agit
en aucun cas des tensions limites admissibles par ces processeurs
à long terme, mais seulement des tensions à partir
desquelles le processeur commence à subir des conditions
d’utilisation qui vont réduire de manière substantielle
sa durée de vie. Cela étant, l’utilisation à
long terme de ces tensions reste viable, en veillant toutefois à
choisir une alimentation et une méthode de refroidissement
très adaptés.
Au final, la présence de ce cavalier est donc plutôt
une bonne nouvelle, puisqu’elle permettra d’éviter
à tous ceux qui désirent pousser plus loin le Vcore
d’avoir à faire des modifications plus compliquées
sur leur carte mère, et qui annuleraient également
la garantie (même si certains feront malgré tout cette
modification, car après tout, 2,25 V reste bien peu…).
Il est d’ailleurs évident que si Asus prenait la bonne
habitude de maintenir la présence de ce cavalier sur toutes
ses futures cartes mères, il deviendrait un constructeur
de choix pour tous ceux qui aiment pousser un peu leur processeur.