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ARM

Les entreprises high-tech qui cartonnent
Par

Cortex A15

ARM est une compagnie atypique qui montre que l’on peut posséder et profiter de brevets fondamentaux à une technologie ou un standard sans avoir recours à un nombre incalculable de procès et sans avoir besoin de se sentir menacé par les entreprises qui utilisent ses technologies. Voici une belle leçon que les grands acteurs du monde mobile feraient bien de retenir.

ARM profite de l’essor du marché mobile

Advanced RISC Machines (ARM Holdings) naquit en 1990 de la fusion d’équipes en provenance d’Acorn, VLSI Technology et Apple. La firme à la pomme s’est néanmoins progressivement retirée de l’entreprise au fur et à mesure que sa santé financière se dégrada. On ne sait pas exactement combien de parts la firme détient aujourd’hui, mais le retour de Steve Jobs aux commandes a marqué un mouvement de rapprochement entre les deux sociétés qui s’est concrétisé par la présence de processeurs ARM dans ses iPod. Aujourd’hui, Apple conçoit ses propres puces. Les dernières en date, les A5X, utilisent deux cores Cortex A9.

Core ARMARM a publié des résultats annuels particulièrement bons et il ne fait aucun doute que ses chiffres sont en grande partie dus à l’essor du marché mobile où ses technologies ont un taux de pénétration supérieur à 90 %, selon la société. Les smartphones sont une manne, car si un téléphone classique intègre une à deux puces utilisant ses technologies, un smartphone en possèdera 3 à 5, ce qui lui a permis d’augmenter ses revenus et ses bénéfices. Son chiffre d’affaires annuel est de 785 millions de dollars (584 millions d’euros), ce qui représente une hausse de 24 % en un an. Ses bénéfices ont grimpé de 37 % pour atteindre 229,7 millions d’euros (170,76 millions d’euros). Sur le dernier trimestre 2011 seulement, son profit a fait un bond de 45 % par rapport à la même période l’année dernière.

L’activité d’ARM se résume schématiquement à deux grands axes : la vente de licences et la réception de royalties (redevances). Une licence représente la vente d’un droit qui va permettre d’utiliser et profiter d’une ou plusieurs technologies de la société. Une redevance est une somme perçue lors de la vente d’un produit ou composant reposant sur ses brevets. Les montants que chaque compagnie paye sont tenus secrets. Ainsi, si on ne connait pas le détail, nous savons que la livraison de 1,2 milliard de puces ARM dans des téléphones, tablettes et autres produits informatiques représente une hausse de 10 % d’une année sur l’autre.

Mademoiselle ARMPénétration du marché de l’embarqué et possible remise en cause de son hégémonie

Néanmoins, la grande surprise de 2011 est la pénétration d’un nouveau marché par les technologies d’ARM. Les livraisons de puces utilisant ses technologies dans des produits embarqués ou numériques grand public (lecteur de salon, téléviseurs, kiosques, etc.) ont bondi de 40 % entre 2010 et 2011 pour atteindre 1 milliard de puces et arriver à un niveau proche du secteur mobile. Or, la grande différence entre les deux est que le taux de pénétration d’ARM sur ces marchés dépasse seulement les 50 %, comme c’est le cas pour les téléviseurs. Cela signifie que contrairement au marché mobile qu’il sature déjà, ARM dispose d'une marge de manœuvre beaucoup plus grande dans le domaine de l’embarqué et donc d'un revenu potentiel extraordinaire.

Cette entrée fracassante dans ces nouveaux marchés se fait au profit de certaines technologies mal-aimées, à l’instar de ses GPU Mali (cf. Le Mali-T658 : un GPU qui s’annonce prometteur). Ces puces, pourtant performantes, sont largement dominées par les PowerVR d’Imagination sur le terrain mobile. Néanmoins, ARM affirme qu’il commence à séduire certains fabricants de téléviseurs.

La croissance d’ARM sera néanmoins loin d’être un fleuve tranquille. Intel s’annonce comme un concurrent très sérieux et dangereux sur le territoire mobile. En plus de la commercialisation des premiers smartphones Atom et la présentation de l’après Medfield au MWC (cf. Intel multiplie les Atom Z2000 et les partenariats), le fondeur a récemment passé un accord avec France Telecom pour que l’opérateur utilise ses puces au lieu de celles d’ARM dans certains smartphones. C’est le troisième partenariat du genre. Il a aussi signé avec l’opérateur indien Lava et le Chinois ZTE. Néanmoins, Intel a aussi du souci à se faire alors que la gestion des puces ARM par Windows 8 ouvre une nouvelle plateforme à la société qui pourra alors concurrencer les processeurs x86 sur le marché des PC.