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Au début était le verbe
Le 14 décembre 2004, Google annonçait au monde entier sa ferme intention de créer le premier service numérique accessible à tous, permettant de consulter les livres libres de droit sur Internet. Le nouveau service s’appelle « Google Print » et le principe consiste, tout simplement, à numériser des pages de livres existants, et de les rendre accessibles sur le net. Depuis la fin du mois de mai, une version bêta de "
Du service du Savoir, au savoir du Service
« Notre mission est d’organiser l’information du monde et de la rendre accessible à tous ». Derrière ses mots louables se cache la philosophie de Google. Cette société créée en septembre 1998 est représentée par le moteur de recherche Internet le plus populaire du monde. Google est devenu la référence ultime, que ce soit en matière de présence sur le Web, ou en matière de réussite économique. Dans son optique de vouloir mettre un maximum de savoir à la disposition d’un maximum de personnes, il était donc logique pour cette compagnie de voir le projet Google Print se concrétiser. Pour rappel, ce chantier pharaonique consiste à scanner les pages de quelque 15 millions d’ouvrages, et de les mettre en ligne, le tout, en a peu près 6 ans ! Le coût estimé de cette opération serait entre 150 et 200 millions de dollars.
Au-delà de la démarche culturelle, il est à noter que ce nouveau service fait partie d’une stratégie de globalisation des compétences de Google, visant à rendre le prestataire incontournable. D’autre part, il s ‘agit de mettre en ligne le contenu intégral des ouvrages libres de droits, ceux étant protégés par des copyrights seront présentés dans un contexte proche d’un esprit « publi-rédactionnel ». Ces derniers ouvrages seraient donc mis en avant sur Google Print de manière à ce que l’utilisateur puisse se rendre sur les sites des éditeurs de ces ouvrages.
De l’anglophonie à l’anglo-saxon-phobie ?
Pour arriver à ses fins, Google collabore avec les bibliothèques des universités de Stanford, Michigan, Harvard, ainsi qu’avec la New York Public Library. Cependant, cette collaboration ne s’étend pas que sur le seul territoire Nord américain, puisque la Bodleian Library, rattachée à la prestigieuse université d’Oxford en Angleterre, sera aussi de la partie.
Aussi, à la lecture simple du communiqué officiel de Google, l’utilisateur moyen du moteur de recherche pourrait se contenter de penser que cela ne concerne que des ouvrages écrits en langue anglaise. Il est vrai que la liste des bibliothèques consultées on pour point commun d’avoir en guise de langue véhiculaire, et vernaculaire, celle de Shakespeare. C’était sans compter sur l’avis critique du président de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), Jean-Noël Jeanneney. Ce dernier, d’après ses dernières déclarations tenues sur les plateaux de LCI, déclarait qu’il n’était pas hostile à l’entreprise de
Le directeur de la BNF s’est donc basé sur un postulat : « …Leur sélection, leur hiérarchisation dans les listes vont être définies forcément à partir d’un regard singulier : celui de l’Amérique… » et pour conclure son point de vue, de rajouter « …La production anglo-saxonne sera inévitablement surévaluée. Le miroir américain sera le prisme unique. » . À cela, il faut reconnaître deux choses : cette conclusion peut paraître basée sur une réflexion assez empirique de « l’Empire américain », mais il est tout aussi vrai que, jusqu’à présent, nos amis d’outre-atlantique n’ont jamais vraiment pris des gants pour imposer leur point de vue culturel à travers le monde (ou alors, c’étaient des gants de boxe), ce dernier point expliquant la fébrilité de Jean-Noël Jeanneney.
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