Cooler Master
Difficile tâche qu’est la mienne, puisque je dois à présent vous parler de Coolermaster après avoir envisagé la gamme de Lian-Li. Pourquoi difficile ? Ben parce que c’est un peu comme tester une Lamborghini en sortant d’une Ferrari : on nage dans le bonheur, et les qualificatifs viennent à manquer pour départager le magnifique du sublime.Plus jeune (créée en 1992), si cette société réalise la majeure partie de son chiffre d’affaire grâce à la vente de ventilateurs aux OEM, force est de constater le contraste qu’il existe entre ceux-ci et les boîtiers très haut de gamme du constructeur. Evidemment, au regard des prix auxquels leurs produits sont mis à la vente, la qualité n’est plus un luxe mais un dû, et il devient alors très difficile de départager Lian-Li de Coolermaster sur ce simple argument, puisque la majorité de ces boîtiers frisent la perfection sur ce plan.
Si dans le très haut de gamme, les deux constructeurs proposent presque exactement les mêmes produits, il est néanmoins rassurant de constater que dans le (simple) haut de gamme, le design des boîtiers de ces deux géants est plus le reflet de l’empreinte personnelle de chaque constructeur.
Entre 170 et 190 €, les ATC 710-xxx apparaissent comme les premiers boîtiers de la marque à être disponible dans l’hexagone, financièrement parlant. Et en jetant un coup d’œil à ce boîtier, on prend tout de suite conscience de la singularité de ses lignes, qui lui donnent une âme bien à part et qui fait tout le charme des tours Coolermaster.

Ici, l’astuce a consistée en la présence d’une porte qui vient homogénéiser le design de la partie inférieure, design que l’on pourrait qualifier d’extrêmement sobre, finalement simple et high-tech mais de très bon goût ; on appréciera tout particulièrement la qualité de l’intégration de la grille d’aération à l’ensemble, qui est sans conteste la plus réussie sur le plan aérodynamique, puisque là ou beaucoup de concurrents optent pour une structure saccadée qui vient boucher la moitié de l’arrivée d’air, ici c’est une grille assez dense qui vient assurer ce rôle. Les boutons ‘Power’ et ‘Reset’ sont par ailleurs des modèles d’ergonomie, et Coolermaster nous fait l’immense joie d’inclure de coûteuses leds bleues, tout simplement magnifiques !
Autre particularité de ce modèle : le choix des matériaux. En effet, si la façade est en aluminium anodisée, le corps du boîtier reste composé d’acier zingué (SECC) plus classique. Ce choix est cohérent, mais il est regrettable de devoir se contenter d’un boîtier hybride vu le prix de ladite chose (surtout qu’aucune alimentation n’est fournie par ailleurs, mais comme sur tous ces types de boîtier. Plus grave en revanche est l’absence totale de ventilateurs !). Notez d’ailleurs qu’il est décliné deux versions : le 710-GX1 tout noir, et le 710-SX1 dont seule la façade est argentée.
Tout partait donc plutôt bien suite à ce premier regard. Seulement voilà, en commençant à me tourner sur le côté, je fus pris d’un petit doute, un air de déjà vu, une ressemblance… la poignée latéral ! Intrigué, et désormais un peu inquiet, je la saisit brusquement pour découvrir l’intérieur du boîtier : stupeur ! Ces supports pour ventilateurs violets, cet agencement des cages pour disques durs, ces rails scotchés au fond du boîtier… une SX1030 ! Encore !
Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été déçu : la SX1030 reste un très gros standard en matière de boîtiers en acier. Mais alors j’avoue que je ne m’attendais pas du tout de la part de Coolermaster, qui tient tant à ses designs bien spécifiques, d’être compté parmi ceux à avoir repris le design d’Antec. Du coup le boîtier perd fatalement de son intérêt : il se trouve être une SX1030 nue, ce qui s’appelle une FS-710 chez Enermax, et coûte 75 €. Ok, il reste la façade très réussie, maintenant c’est à vous de voir si elle vaut ces 100 €…

Légèrement plus chères, les ATC-200 et ATC-201 sont trouvables aux environs de 220 €. Entièrement assemblés à la main, utilisant de l’aluminium d’un millimètre d’épaisseur, et dédiés aux serveurs d’entrée de gamme, ceux-ci apparaissent tout de suite plus dignes de la marque. D’apparences assez classiques, toujours très sobres, si la couleur de l’ATC-200 est assez claire (le constructeur lui donne le nom « champagne »), l’ATC-201 reprend la couleur argentée chère à la marque, et se distingue également de sa cousine par la présence de deux ports USB en façade.

Intégrant le système ATCS (pour Active Thermal Convection System) du constructeur, nous retrouvons donc deux ventilateurs en façade, soufflants directement sur l’espace réservé pour six disques durs, un ventilateur en extraction à l’arrière, et un dernier en blowhole supérieur, juxtaposé à l’alimentation. Tous ces ventilateurs sont des Y.S.Tech : si ceci est un gage d’efficacité et de performances, cela l’est tout autant du point de vue des nuisances sonores. On aurait largement préféré des Papst ou des Noiseblockers, a fortiori sur les modèles encore plus chers, mais les ventilateurs inclus restent de meilleur qualité que les Adda des Lian-Li.
Le reste est très classique, mais on appréciera particulièrement la grande simplicité et efficacité de ce boîtier, et on notera au rang des détails que les vis a mains incluses par le constructeur sont plus grosses et de meilleure qualité que celles des Lian-Li.
Je ne reviendrai pas d’avantage sur l’ATC-210 précédemment évoquée. Sachez simplement que sa porte en verre dépolie constitue un argument que le constructeur fait au final payer cher à ses clients (et ce malgré la récente baisse de prix), car cette tour est toujours dépourvue d’alimentation. Mais quelle porte ! Notez d’ailleurs que c’est bel et bien Coolermaster qui a instauré ce design, repris ensuite par Lian-Li, et pas l’inverse !
Côté grandes tours, le boîtier le plus mis en avant par le constructeur se trouve être l’ATC-101. Lui aussi entièrement en aluminium, on se rend compte de l’exemplarité de la finition de l’aluminium en le mettant côte à côte à une Lian-Li PC-60 : cette dernière paraît alors beaucoup plus grise, d’un gris tout d’un coup plus vulgaire, presque sale… Globalement très fidèle, ce boîtier n’apporte finalement que peu de choses par rapport à une ATC-201, qui se destine elle aux moyen tours.
En fait, face à des tours de ce type, on est en droit de s’interroger sur l’absence assez surprenante des fioritures si répandues et devenues si indispensables chez les concurrents, telles que les cages pour disques durs amovibles, les contrôleurs de vitesse des ventilateurs ou encore des connecteurs audio en façade.
La raison en est très claire : ces tours n’en ont tout simplement pas besoin ! Le système de ventilation est à la fois performant et silencieux, donc aucun compromis n’est nécessaire. Le système propriétaire de fixation des disques durs de manière verticale, et parallèle au flux d’air généré, est la meilleure solution que j’ai pu voir en terme d’occupation de l’espace du boîtier. Quand aux connecteurs audio, pourquoi diable aller s’encombrer de leur présence là ou les acheteurs de cette tour ne manqueront pas d’acquérir des modèles haut de gamme où tous les différents connecteurs seront regroupés sur une baie 5’’¼ ? Va-t’on reprocher aux P95F de Viewsonic, de ne pas inclure les deux enceintes risibles qu’implémentent systématiquement les autres constructeurs d’écrans lambda ?
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