Points importants pour bien choisir
S’il m’est facile de vous présenter ainsi chaque constructeur et ses boîtiers, il m’est en revanche impossible de désigner un boîtier ultime pour chaque gamme de prix, et pour cause : le premier élément sur lequel vous devrez vous baser pour choisir votre tour sera inévitablement le design et l’esthétique générale de la tour, car c’est tout simplement le rôle le plus important et le plus implicitement utilisé que doit remplir un boîtier. Or qu’y a-t-il de plus subjectif que la beauté ?Pour cette raison, je vous recommande fortement, dans la mesure du possible, d’aller voir de vos propres yeux les modèles qui vous intéressent fortement, car se baser sur de simples photographies peut se révéler très piégeux tellement celles-ci peuvent être facilement modifiées dans une certaine optique, voir même être carrément non conformes au modèle en question (à l’instar des Xaser II qui, contrairement à ce que beaucoup de photos officielles laissent paraître, ne présentent absolument aucune partie rouge en façade sur les modèles européens).
En revanche, la plupart des autres points qui déterminent la qualité d’un boîtier sont génériques et assez faciles à déterminer. En premier lieu, votre attention doit se porter sur les matériaux qui le composent. L’acier, pour des raisons économiques, reste encore très utilisé par les constructeurs. Très rigide, mais aussi lourd, ce métal reste agréable à manipuler à partir du moment ou il est retourné sur les bords sur lesquels vos mains vont se trouver souvent en contact. Dans le cas contraire, monter une configuration dedans pourra se révéler être une opération très douloureuse, voir même vous coûter quelques millilitres d’hémoglobine...
Notez également que si la législation impose aux fabricants une épaisseur minimum de 0.8 mm pour la tôle, ceci est insuffisant pour obtenir une rigidité satisfaisante notamment au niveau des panneaux latéraux, a fortiori lorsqu’il s’agit d’acier de mauvaise qualité, auquel on préfèrera l’acier japonais S.E.C.C qu’Antec utilise sur ses boîtiers ainsi que ses dérivés.
L’aluminium constitue évidemment une matière bien plus appropriée à l’utilisation qui est faîte de nos boîtiers, entre autres grâce à des qualités de conduction thermiques évidentes (conductivité de 247 W/mK contre 46 W/mK pour l’acier) mais aussi de légèreté. Pourtant, pris à l’état naturel, l’aluminium se révèle mou, peu rigide, et oxydable au contact de l’air. Sans traitements spéciaux (anodisation, alliage avec d’autres métaux plus robustes comme le magnésium, épaisseur suffisante) le bénéfice lié à son utilisation peut se révéler très discutable, à l’instar de ce que l’on peut observer sur le Textorm 4350, qui se déforme lorsqu’on le soulève. Il serai donc absurde de préférer ce dernier à une Antec (par exemple) en se basant sur ce seul argument.
Il est assez difficile de mesurer avec précision le gain effectif de température que l’on obtient en passant d’un boîtier en acier à un boîtier en aluminium, tout simplement parce que les quelques tests se risquant à mesurer cette différence n’ont jamais comparés deux boîtiers identiques, et que la plupart du temps les modèles en aluminium, plus coûteux, embarquent des systèmes de ventilation plus poussés. On peut néanmoins espérer un gain de l’ordre de 5°C à 10°C. Notez bien que ce sont tous les composants de la tour qui en bénéficieront, y compris le processeur ou les disques durs.
Concernant les éléments qui facilitent le montage, la mode actuelle oblige les constructeurs à placer en façade avant des ports USB, audio et firewire. Si cela ce révèle pratique à l’usage, l’opération consistant à connecter ceux-ci sur les éléments concernés est ardue, faute de notices suffisamment claires (quand les constructeurs se donnent la peine d’en inclure une !). La présence de vis à mains, de façades ouvrables par le biais de poignées, de rails pour les périphériques 5”¼, ou d’une façade amovible pour fixer la carte mère, sont autant de plus réellement appréciables qui ne doivent pas supplanter l’importance des emplacements réservés aux ventilateurs, ou l’évolutivité de la tour. Enfin, les dimensions de la tour ne sont pas à négliger : suffisamment vaste, la surface occupée par les nappes sera moindre, et les températures forcément meilleures, sans même revenir sur le potentiel d’évolutivité qui sera lui aussi accrue.
Un mot enfin sur les propriétés que doit posséder un boîtier destiné à recevoir un watercooling interne : suffisamment vaste (ne pas hésiter à prendre une grande tour), celui-ci doit absolument disposer d’un emplacement pour ventilateur de 12 cm dans la mesure ou la grande majorité des radiateurs utilisés pour le watercooling ne sont étudiés que pour des ventilateurs de cette taille. Et si dans le cas de radiateurs comme les Black-Ice, l’emplacement de ce ventilateur n’importe pas, il en va tout autrement dans le cas des « cubes » (radiateurs des kits très vendus comme les Innovasets ou les Maxxxpert) qui ne pourront reposer qu’au fond d’une tour, ce qui impose que le ventilateur de 12 cm soit situé en bas de la façade avant, a moins que vous n’ayez opté pour un modèle grande tour, ou vous pourrez alors placer votre radiateur au-dessus de l’alimentation (cas idéal).
Dès lors, les résultats sont assez simples : seuls les Textorm 69U6 et 6A19 sont idéalement placés. Les Enermax CS-003-A106 et CS-501-BBS+ auraient également eut leur mot si la fixation des disques durs en face du ventilateur de 12 cm ne s’étaient pas faite par le biais d’armatures métalliques soudées et inséparables, qui empêchent ainsi toute possibilité.
L’intégration reste possible sur les autres boîtiers, en particulier les dérivés du SX1030 d’Antec grâce à une large prise d’air à l’avant, mais à la condition sine qua non de sacrifier la cage de disques durs inférieur, et de jouer de la dremel afin de découper un cercle de 11,5 cm de diamètre derrière la façade.
Dès lors, en me cantonnant à ces points, j’ai la possibilité d’établir un début de hiérarchie par gamme de prix, mais qui n’a rien d’absolue, puisque j’exclue donc ici l’aspect design.
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