K8T900 : southbridge

Côté southbridge, nous pouvons sortir les cierges : le VT8251 est enfin là, nous l’avons eut entre les mains ! Près de deux ans après son annonce, ses fonctionnalités ont forcément un peu perdues de leur superbe, mais comme on dit, mieux vaux tard que jamais.

Première nouveauté par rapport au vénérable VT8237 qui va enfin pouvoir prendre une retraite bien méritée, le support de 4 ports S-ATA, et à la norme S-ATA II. Rappelons que cette dernière introduit principalement le support de l’AHCI, du NCQ, et repousse la limitation de débit de 150 Mo/s à 300 Mo/s. Bien évidemment, il convient de préciser que cette limitation n’est que théorique, les disques durs actuels ne pouvant dépasser les 100 Mo/s que lors d’un transfert de la mémoire cache du disque dur (en burst), et pendant quelques millisecondes donc. Contrairement aux Intel ICH6 et 7, deux ports IDE restent présent et permettent donc la connexion de 4 bons vieux périphériques P-ATA.
Au niveau du V-RAID, les modes 0, 1, 0+1, JBOD et 5 sont supportés. Ce dernier mode est d’ailleurs supporté par le nForce 4 Intel Edition, mais pas par le nForce 4 AMD. Pour rappel, il peut être considéré comme une forme de compromis entre le RAID 0 (performances mais moins bonne fiabilité) et le RAID 1 (fiabilité mais performances quasi identiques), et consiste à calculer des bits de parité pour chaque bloc de données d’un minimum de deux disques. Ces bits de parités sont stockés sur un troisième disque. Le disque stockant les bits de parité change pour chaque bloc de données. Ainsi, si un des disques disparaît, il sera possible de recalculer les données qu’il possédait à l’aide des bits de parité contenus sur les disques restants.

Il reste cependant moins intéressant en pratique que le Matrix RAID d’Intel, que l’on regrette toujours sur plateforme AMD ! Ne serait-ce parce qu’il ne requière que deux disques durs. Au niveau de l’interface, c’est toujours le V-RAID qui est de la partie afin de faciliter la gestion des disques durs sous windows, et notamment les reconfigurations à chaud, le RAID Morphing étant supporté. Celui-ci permet par exemple de passer à la volée d’une array RAID 0 à une array RAID 0+1.
Outre un maximum de 7 ports PCI, on note l’arrivée plus inhabituelle sur ce southbridge de deux liens PCI Express. Un lien pourra ainsi être utilisé afin d’interfacer une puce Ethernet gigabit Marvel sans brider les débits (comparativement à un lien PCI), puisque seul le Fast Ethernet - 100 Mbit/s - est entièrement implémenté sur le K8T900 (PHY + MAC).
Enfin et sans doute le point le plus intéressant de ce chipset, la gestion du son. Le nForce 4 est en effet affublé d’une solution sonore vraiment déplorable, l’AC’97, et qui contraste particulièrement avec l’intérêt du Soundstorm du nForce 2 en son temps. Le VT8251 propose trois différentes implémentations d’un codec son : AC’97 (7.1), HD Audio (7.1 en 32 bits à 192 kHz), et Vinyl Gold onboard 7.1. Cette dernière solution est la plus intéressante, et peut être implémentée soit via une puce Six-TRAC (AC’97), soit via une Envy24PT. Il s’agit de la version intégrée de la puce audio que l’on retrouve sur des cartes sons au travers de l’Envy24HT ou GT, et qui supporte le 24 bits au taux d’échantillonnage de 192 kHz. Reste à voir quelle solution mais aussi quels DAC retiendront les constructeurs de cartes mères.
Pour finir, notez que northbridge et southbridge sont reliés via un bus Ultra-V Link d’une bande passante de 1066 Mo/s. Par ailleurs, le K8T900 reste pin-à-pin compatible avec le K8T890, ce qui devrait faciliter l’adoption de ce chipset chez les constructeurs de cartes mères, et donc accélérer son arrivée sur le marché. Du moins pour ceux n’étant pas contre l’idée de lancer un nouveau modèle AMD à quelques mois seulement de l’arrivée du nouveau socket M2… Les premiers signes sont d’ailleurs assez pessimistes concernant ce dernier point, mais seules les prochaines semaines nous permettront d’y voir un peu plus clair.