Physiquement, l'Orange avec Intel Inside a un format très proche de celui d'un iPhone. Il est seulement quelques millimètres plus haut et plus large, malgré la présence d'un écran de 4,03" (1024 x 600 pixels) contre 3,5" sur un iPhone. D'apparence, la comparaison avec l'iPhone 4/4S s'impose également : les faces supérieures et inférieures sont noires et soulignées par la tranche de couleur grise. Mais l'Orange avec Intel Inside est résolument un modèle d'entrée de gamme. Sa construction fait uniquement appel à du plastique, dont la qualité perçue n'est pas enthousiasmante. En contrepartie, il est très léger (117 g).
À l'intérieur, on trouve un processeur Intel Atom Z2460. Cette puce contient un coeur Atom Saltwell, gravé en 32 nm, muni de 512 ko de cache et supportant l'Hyper-Threading. Sa fréquence varie entre 600 MHz et 1600 MHz de manière dynamique. Elle contient aussi un GPU Imagination Technologies PowerVR SGX 540 cadencé à 400 MHz (alors que la plupart des smartphones concurrents l'utilisent à 266 MHz). Cet Atom est accompagné d'un modem Intel XMM 6260, accédant aux réseaux 3G+ à 21 Mbit/s au maximum.
Qui dit Intel Atom, dit aussi jeu d'instructions x86. Qu'en est-il de la compatibilité avec les applications Android, prévues normalement pour des puces ARM ? Intel prétend que 75 % des applications disponibles tourneront sans problèmes. La migration est ici aidée par le fait que la plupart des applications Android s'exécutent via la machine virtuelle Java Dalvik et sont donc par nature indépendantes de l'architecture matérielle.
Certaines applications posent plus de problèmes. Google laisse en effet la possibilité de coder en C/C++ via le NDK. Les applications "NDK" doivent donc être recompilées pour fonctionner sur les smartphones x86. Les dernières versions du NDK permettent de le faire très facilement : les applications sont alors distribuées sous la forme de paquets "universels" contenant les codes pour ARM et x86. Mais toutes les applications NDK ne sont sans doute pas encore recompilées. Intel a donc intégré dans le système installé sur ses smartphones un émulateur. Tous les appels à des instructions ARM sont interceptés et traduits en instructions x86. Les performances des applications concernées seront bien sûr nettement dégradées, mais au moins la compatibilité sera-t-elle préservée. Grâce à ces trois mécanismes, Intel affirme que 90 % des applications existantes s'exécutent sans problème.
Durant notre test, nous n'avons rencontré que peu d'incompatibilités. Il nous a par exemple été impossible d'essayer VLC Beta, pour l'instant uniquement développé pour les CPU ARM possédant la FPU NEON. Certains codecs vidéos sont également indisponibles : le lecteur doubletwist (fourni par Orange) a refusé de lire une vidéo H.264, MX Player doit utiliser des codecs codés pour ARMv7 (avec NEON), qui sont traduits à la volée... mais trop lentement pour une lecture fluide.

