Lorsqu’Intel a lancé son architecture Sandy Bridge, nous avons qualifié le moteur de conversion vidéo Quick Sync « d’arme secrète ». Développé en silence pendant cinq ans, il a pris AMD et Nvidia totalement par surprise. Nous avions prévu qu’il faudrait environ un an aux deux concurrents pour formuler leur réponse, et c’est à peu de choses près ce qui s’est passé : AMD avec le Video Codec Engine et Nvidia avec NVEnc.
Malheureusement, quatre mois après son annonce officielle, la solution d’AMD n’est toujours pas disponible en pratique : en l’absence de pilotes adaptés, l’encodage vidéo sur Radeon HD 7000 passe en effet par les shaders programmables au lieu de faire appel à la partie du die spécialement conçue à cet effet, qui reste pour l’instant inutilisée.
Côté Nvidia, NVEnc fonctionne bel et bien et permet d’ailleurs à la GeForce GTX 680 de dépasser la première génération de l’Intel Quick Sync en termes de performances.

La victoire de Nvidia n’aura cependant été que de courte durée : l’Intel HD Graphics 4000 renvoie tous ses concurrents sur les bancs de l’école, et ce, même après avoir paramétré Cyberlink MediaEspresso de manière à privilégier la qualité plutôt que la vitesse.

Arcsoft MediaConverter gère bien Quick Sync, mais sa dernière version semble se comporter de manière assez aléatoire avec APP (AMD App Acceleration) et CUDA/NVEnc. Les écarts ne sont pas aussi marqués que sous MediaEspresso, mais le HD Graphics 4000 permet tout de même de réduire considérablement le temps nécessaire à la conversion d’un grand fichier vidéo.
Quick Sync en détail
L’an dernier, avant le lancement des Sandy Bridge, le Dr Hong Jiang, Chief Media Architect chez Intel, nous avait fait l’honneur de nous expliquer en détail comment fonctionnait Quick Sync. Cette année, il a tenu à l’IDF une conférence relative aux améliorations apportées aux Ivy Bridge ; celles-ci, d’après lui, concernent exclusivement les performances, car tout accélération du traitement donne aux développeurs une marge supplémentaire pour améliorer la qualité de leurs filtres (sans oublier le fait que, si le processeur termine ses tâches plus rapidement, il se retrouve plus vite au repos et consomme donc moins d’énergie).
L’augmentation du nombre d’unités d’exécution du moteur HD Graphics favorise bien évidemment la montée en puissance de ce dernier ; cela vaut également pour le cache L3 dédié et la hausse du débit du Media Sampler. Ce dernier faisant partie du troisième domaine (« Slice »), Intel va d’ailleurs avoir la possibilité de l’agrandir dans les versions futures afin d’accélérer plus encore le traitement 3D et multimédia.
L’Ivy Bridge reprend le moteur Multi-Format Codec Engine (MFX) du Sandy Bridge et gère par conséquent l’accélération matérielle du décodage du H.264, du VC-1 et du MPEG-2 ainsi que celle de l’encodage en H.264. Intel a apparemment modifié deux de ses moteurs d’encodage sans perte (context-adaptive variable-length encoding engine et context-based adaptive binary arithmetic coding engine) afin de les accélérer.
Bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent aller au-delà du 1080p, le moteur MFX gère désormais le décodage des vidéos jusqu’en 4096x4096. D’après Hong Jiang, il est même capable de décoder plusieurs flux 4K simultanément.
L’équipe chargée de la conception des moteurs multimédia du HD Graphics 4000 ont voulu aller au-delà du simple décodage et accélérer l’encodage, tant sur le plan de la qualité que des performances.Comme nous l’avons déjà signalé, le nouveau Media Sampler contribue à la montée en puissance du Quick Sync ; il est plus spécifiquement chargé de l’estimation des mouvements (Motion Estimation), une opération où son débit plus élevé semble faire des miracles.
D’après Intel, le moteur d’accélération matérielle de l’encodage offre un rendu d’une qualité similaire à celle des solutions logicielles.Malheureusement, nous avions vu l’an dernier dans notre article Video Transcoding Examined: AMD, Intel, And Nvidia In-Depth (en anglais) que cette affirmation était fausse : les solutions matérielles des trois fabricants (Intel, AMD et Nvidia) sacrifient en effet partiellement la qualité au profit de la vitesse.Il nous reste à déterminer si c’est toujours le cas avec les nouvelles versions de leurs moteurs ; ce sera pour un futur article.
- Introduction
- Le core Ivy Bridge en détail
- HD Graphics 4000 : Tick, Tock, Tick+
- HD Graphics 4000 : 3DMark 11 et Batman
- HD Graphics 4000 : Skyrim et WoW
- HD Graphics 4000 : support natif du GPGPU
- Quick Sync : l’arme secrète encore améliorée
- Compatibilité avec les cartes-mères existantes
- Overclocking : des résultats mitigés
- Overclocking de la mémoire
- Configuration de test et benchmarks
- PCMark 7
- 3DMark 11
- Sandra 2012 SP3
- Adobe CS 5.5
- Création de contenu
- Bureautique
- Compression de fichiers
- Encodage audio/vidéo
- Batman: Arkham City
- The Elder Scrolls V: Skyrim
- World Of Warcraft: Cataclysm
- Consommation et efficacité énergétique
- Core i7-3770K / Core i5-2550K : que choisir ?
- Conclusion



